1. Accueil
  2. ALLIANZ FRANCE ET LE PLUS GRAND MUSÉE DE FRANCE – VOTES ÉDITION 2025-2026

Vote
ALLIANZ FRANCE ET LE PLUS GRAND MUSÉE DE FRANCE – VOTES ÉDITION 2025-2026

LE PROJET

Du 17 septembre au 31 décembre 2025, Allianz France et la Fondation pour la Sauvegarde de l’Art Français vous ont proposé pour la cinquième fois de participer à une chasse au trésor exceptionnelle, à travers tout le territoire : celle du « Plus Grand Musée de France ».

Les salariés et les Agents Généraux Allianz France, ainsi que le grand public, ont identifié plus de 400 œuvres ayant besoin d’une restauration.

Les objets, après vérification de leur éligibilité, ont été présentés à un jury, composé de représentants d’Allianz France et de La Sauvegarde de l’Art Français. Ce jury a présélectionné deux ou trois œuvres par région afin d’établir une liste d’œuvres finalistes. Ces dernières ont été choisies pour la rareté de leurs qualités artistiques et le niveau d’urgence de la restauration.

RAPPEL DES règles du jeu

  • Ces listes régionales sont soumises au vote du public pendant trois semaines : du 2 au 22 février (fin du vote dans la nuit du 22 au 23 février, à minuit, heure métropolitaine).
  • Une œuvre par région sera retenue : 13 en métropole et 3 en outre-mer*, soit seize objets au total.
  • Chaque restauration des œuvres gagnantes sera financée par la remise d’un prix de 8 000 € de la part d’Allianz France.

Découvrez à présent les deux ou trois projets en lice pour chacune des seize régions et votez pour votre œuvre favorite ! NB : vous pouvez voter pour toutes les régions.

*Les territoires ultramarins sont regroupés en trois régions : Océan Atlantique, Océan Pacifique et Océan Indien.

Comment voter ?

Découvrez les projets en lice et votez pour vos œuvres favorites !

Cliquez sur les régions pour découvrir les projets.

  • Avant de voter, si vous souhaitez en savoir plus sur l’objet, cliquez sur « Plus d’infos ».
  • Cliquez sur votre œuvre préférée, un encadré rouge apparaîtra.
  • Cliquez ensuite sur « Valider la région ». Vous pouvez voter pour toutes les régions de France !

 

Bon vote !

 

 

 

Vous consultez :

Contigny (03) – Descente de croix

Située dans le département de l’Allier, au cœur de la région Auvergne-Rhône-Alpes, la commune de Contigny s’inscrit dans un territoire marqué par une histoire ancienne et un patrimoine rural préservé. Le passé de Contigny est étroitement lié à celui du Bourbonnais, ancienne province au riche héritage historique. Le territoire communal conserve les traces de cette influence, notamment à travers son organisation villageoise, ses demeures traditionnelles et ses paysages agricoles. L’église Saint-Martial, élément central du bourg, témoigne de l’importance de la vie religieuse dans l’histoire locale et constitue un repère patrimonial majeur pour les habitants.

L’œuvre 

Dans l’église Saint-Martial se trouve une œuvre probablement très ancienne et d’une grande beauté. Le tableau représentant la déposition de Croix montre le moment solennel où le corps du Christ est descendu de la croix après la crucifixion. La scène se déroule dans une atmosphère grave et silencieuse, empreinte de douleur et de recueillement. Au centre de la composition, le corps du Christ, pâle et inerte, retient le regard. Ses bras retombants et sa tête penchée accentuent l’impression de mort et de fragilité. Autour de lui se tiennent les figures principales du récit biblique. La Vierge Marie, le visage marqué par la tristesse, est soutenue par un ange ; son attitude, à la fois digne et douloureuse, exprime une peine contenue plutôt qu’un désespoir excessif. L’arrière-plan sombre, d’où la croix a disparu, permet de concentrer l’attention sur l’intensité de la scène. Le jeu de lumière met en valeur les corps et les visages, renforçant l’émotion et la force spirituelle de l’ensemble.

La restauration

L’état de conservation du tableau rend une intervention de restauration urgente et indispensable. Le support est fortement fragilisé : les joints sont ouverts et le parquetage ancien a porté atteinte à la structure et doit être retiré. Les fentes devront être reprises et l’ensemble consolidé. Le bois a été largement attaqué par des insectes xylophages, nécessitant un traitement curatif afin de stopper les dégradations. La couche picturale, affectée par ces désordres structurels, présente des lacunes et des soulèvements évolutifs qui doivent être stabilisés. Il s’agit donc d’une intervention de survie, visant à préserver l’intégrité et la pérennité de l’œuvre.

  • Artiste : anonyme
  • Type : huile sur bois
  • Dimensions : 91 cm x 75 cm hors cadre
  • Date : XVIIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Martial, Contigny (03)

Arlet (43) – Triptyque de la Sainte Face

Arlet est une petite commune située sur les contreforts de la Margeride, à la limite du Cantal. Niché dans l’étroite vallée de la Cronce, le village est entouré de bois et de prés, offrant un véritable écrin de verdure. L’histoire d’Arlet est étroitement liée à son église Saint-Pierre, rattachée dès le XI siècle au prieuré de Pinols. 

L’œuvre

Parmi les trésors de l’église Saint-Pierre d’Arlet, le triptyque de la Sainte Face occupe une place particulière. Datant du XVIᵉ siècle, ce panneau peint en bois, haut de 1,06 m, est relativement rare et suscite la curiosité des visiteurs. Le panneau central représente la sainte Face, qui désigne le visage du Christ, tandis que le volet gauche montre saint Pierre, patron de l’église et premier pape, coiffé de la tiare pontificale. Sur le panneau droit, un personnage agenouillé, probablement le donateur, se tient face à son confesseur. Ce triptyque semble avoir été conçu pour l’église Saint-Pierre, peut-être comme ex-voto, et était traditionnellement associé aux cérémonies religieuses locales. Les habitants d’Arlet lui restent particulièrement attachés, d’où son nom populaire : « le pardon d’Arlet. »

La restauration

Le triptyque de la Sainte Face présente aujourd’hui des signes de fragilité. L’œuvre a en effet été percée en plusieurs points pour être fixée au mur, un ancien système qui a affaibli sa structure. De plus, le fait qu’elle soit plaquée contre le mur limite la circulation de l’air, ce qui peut favoriser la détérioration du bois et des peintures. Pour assurer sa conservation, il est prévu de procéder à un nettoyage complet du triptyque, de combler ou dissimuler les anciens percements, puis de revoir le système de fixation. L’installation d’un support adapté et sécurisé permettra de protéger durablement cette œuvre tout en facilitant sa présentation aux visiteurs.

  • Artiste : anonyme
  • Type : huile sur bois
  • Dimensions : 106 cm
  • Date : XVIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Pierre, Arlet (43)
  • Protection : classé au titre des Monuments historiques (1913/10/20)

Thonon-les-Bains (74) – Baleinière Yoye

Située sur la rive sud du Léman, Thonon-les-Bains entretient depuis des siècles un lien profond avec le lac, qui a façonné son identité, son économie et son patrimoine. Siège historique des barques à voiles latines, la ville a longtemps vécu au rythme de la pêche, du commerce lacustre et des activités de sauvetage. Son port de pêcheurs, l’un des plus anciens et des plus authentiques du Léman, témoigne encore des pratiques traditionnelles et du savoir-faire des marins thononais. Thonon a également joué un rôle essentiel dans le développement du sauvetage sur le lac, grâce à ses sections de sauveteurs bénévoles, ses baleinières historiques et ses embarcations emblématiques qui perpétuent la culture nautique locale.

L’œuvre 

Amarrée au port des pêcheurs de Thonon-les-Bains, la baleinière Yoye, construite en 1920 avec du bois des forêts de Bex, est la plus ancienne embarcation de sauvetage du Léman encore conservée. D’abord baptisée Glérolles et utilisée par la Section de Sauvetage de Rivaz, elle rejoint en 1967 Thonon-les-Bains, où elle prend le nom de Yoye, surnom patois de Georges Pianta, maire et député influent de la ville. Pendant des décennies, elle accompagne les rameurs thononais sur les grandes courses du lac, contribuant encore récemment aux succès sportifs de la section. Outil de travail, témoin de solidarité et emblème de la culture lémanique, le Yoye représente un patrimoine rare.

La restauration

Le Yoye présente aujourd’hui des dégradations majeures nécessitant une restauration urgente. Plusieurs membrures sont fortement pourries, affaiblissant la structure, tandis qu’une voie d’eau accélère le pourrissement du bois. S’ajoutent une dégradation avancée de la peinture intérieure et l’altération du vernis et de l’antifouling, usés par les UV et les conditions d’exposition. L’objectif de cette restauration est de permettre la poursuite de l’utilisation du Yoye, tout en s’inscrivant dans une démarche de transmission des savoir-faire liés à la charpente navale traditionnelle. Le canot restauré pourra être valorisé lors des grandes manifestations lémaniques et contribuer à perpétuer la mémoire collective du sauvetage lémanique et des traditions lacustres en créant une dynamique fédératrice autour de ce patrimoine unique.

  • Fabricant : L. Dénéréaz
  • Type : baleinière de sauvetage
  • Dimensions : ?
  • Date : 1920
  • Lieu de conservation : port des pêcheurs, Thonon-les-Bains (74)

Besançon (25) – La Charité

Capitale historique de la Franche-Comté, Besançon se distingue par un patrimoine exceptionnel, façonné depuis l’Antiquité. Dominée par la Citadelle de Vauban, inscrite à l’UNESCO, la ville conserve un ensemble remarquable de monuments civils, religieux et militaires qui témoignent de son rôle stratégique et de son rayonnement au fil des siècles. Au cœur de ce patrimoine se trouve l’ancien hôpital du Saint-Esprit, aujourd’hui siège de l’Université Marie et Louis Pasteur. Occupé dès le XIIIᵉ siècle par les Hospitaliers du Saint-Esprit, le site est reconstruit vers 1740. Le portail et son décor sculpté sont réalisés une dizaine d’années plus tard, faisant de cet ensemble un témoin précieux de l’architecture bisontine du XVIIIᵉ siècle.

L’œuvre

Au sommet du portail de l’Université domine un fin groupe sculpté en pierre. Cette sculpture de la Charité, installée en pleine visibilité face au musée des Beaux-Arts et surplombant l’arrêt de tramway Révolution, occupe une place marquante dans l’espace public. Elle représente une femme tenant deux enfants dans ses bras, tandis que trois autres se serrent à ses pieds. À la base, une inscription latine — « Pater enim meus et mater mea dereliquerunt me, Dominus autem colligit me » (« Si mon père et ma mère m’abandonnent, Dieu me recueillera ») — renforce la dimension spirituelle et protectrice de l’œuvre. Par cette figure allégorique, la sculpture rappelle la mission fondamentale des religieux, qui, dès le XVIᵉ siècle, avaient pour vocation de recueillir et d’assister les orphelins.

La restauration

Le portail d’entrée et les murs attenants présentent d’importantes altérations. Le dévers du portail menace la stabilité du groupe sculpté, qui nécessite lui aussi une restauration spécifique. Plusieurs dommages ont été observés : des dépôts noirs dans les zones protégées, la présence de champignons et autres micro-organismes, des croûtes blanches ou noires à la surface de la pierre, des cavités qui rendent la pierre friable, des fissures, des parties manquantes (pied, avant-bras, joue) et un affaiblissement des mortiers et des joints. Une restauration complète des murs et du portail sera réalisée, tandis que le groupe sculpté recevra un traitement spécifique pour consolider et protéger l’ensemble contre les altérations futures.

  • Artistes : Charles-François Longe (1708–1791), François Desvosges (1732–1811), Jacques Pérette (1718–1797)
  • Type : groupe sculpté en pierre
  • Dimensions : ?
  • Date : 1753
  • Lieu de conservation : Université Marie et Louis Pasteur, Besançon (25)
  • Protection : inscrit au titre des Monuments historiques (1937/10/25)

© Laure de Raeve

© Laure de Raeve

© Laure de Raeve

© Laure de Raeve

Nozeroy (39) – La Cène et L'Adoration des mages

Perchée sur le plateau jurassien, Nozeroy est l’une des plus petites cités médiévales de France, célèbre pour son histoire liée aux puissants seigneurs de Chalon-Arlay. Fondée au XIIIᵉ siècle par Jean Iᵉʳ de Chalon, elle fut longtemps une capitale seigneuriale influente, au cœur des routes du sel et des enjeux politiques de la Comté de Bourgogne. Aujourd’hui encore, la ville conserve un remarquable patrimoine médiéval : la Tour de l’Horloge, porte d’entrée de l’ancienne cité fortifiée ; les vestiges du château, autrefois surnommé la « perle du Jura » ; ou encore la collégiale Saint-Antoine, témoin de la vie spirituelle de la région.

Les œuvres

Dans cette collégiale se trouvent deux tableaux d’une grande beauté. Le premier représente la Cène, le dernier repas du Christ. Au centre de la scène, Jésus est entouré des douze apôtres. Des pains et des coupes sont disposés sur la table, tandis qu’un rideau en arrière-plan et un chandelier suspendu au-dessus apportent profondeur et solennité. Les expressions variées des personnages, tantôt méditatives, tantôt attentives, renforcent l’atmosphère d’intimité sacrée. Le second, appelé L’Adoration des mages, est une huile sur toile illustrant la venue des Rois mages auprès de l’Enfant Jésus. Au premier plan, la Vierge Marie, accompagnée de Joseph, tient l’Enfant dont la lumière illumine la scène. Les trois mages, vêtus avec richesse, s’inclinent pour lui offrir l’or, l’encens et la myrrhe, symboles de sa royauté, de sa divinité et de son humanité. À l’arrière-plan, une foule mêlant soldats et personnages orientaux crée une ambiance exotique. L’abondance de détails témoigne peut-être du rang élevé de son commanditaire.

La restauration 

Ces deux toiles nécessitent une restauration complète. Elles présentent un encrassement général qui demande un nettoyage doux, ainsi qu’un vernis irrégulier qu’il conviendrait d’alléger ou de remplacer afin de raviver les couleurs. Certaines zones montrent des pertes de matière picturale et des craquelures, demandant comblement, retouches et consolidation. Les cadres, eux aussi, requièrent une intervention : un nettoyage minutieux, la reprise de la dorure usée et la restauration des ornements manquants.

  • Artistes : anonymes
  • Type : huiles sur toile
  • Dimensions : La Cène, 240 cm x 203 cm – L’Adoration des mages, 249 cm x 190 cm
  • Date : XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Antoine, Nozeroy (39)
  • Protection : inscrites au titre des Monuments historiques (1999/01/27)

Poilly-sur-Serein (89) – Retable

Située dans l’Yonne, au cœur de la Bourgogne, Poilly-sur-Serein est une commune au riche patrimoine historique, marquée par sa proximité avec la rivière Serein qui a façonné son paysage et son économie depuis le Moyen Âge. Le village conserve des traces de son passé médiéval, avec des maisons anciennes en pierre, des rues pittoresques et des vestiges témoignant de la vie rurale et fluviale d’autrefois. L’église paroissiale Saint-Aignan, au centre du village, illustre l’architecture religieuse traditionnelle de la région et abrite des éléments sculptés et décoratifs témoignant du savoir-faire des artisans locaux.

L’œuvre 

Un retable démonté en plusieurs parties se trouve dans l’église de la commune. Il est composé de trois panneaux, dont deux peints recto/verso. Les panneaux latéraux présentent, sur leurs deux faces, des épisodes de la Passion : La Résurrection, L’Arrestation du Christ, Le Christ au Jardin des Oliviers et Le Christ devant Caïphe. Ces œuvres se distinguent par la finesse du dessin, la délicatesse des visages et l’harmonie des compositions.

La restauration

Les huiles sur bois du retable nécessitent une restauration complète du support et de la couche picturale. Après dépose et transport sécurisé vers l’atelier, les panneaux seront traités contre les insectes et les moisissures, les cadres repris si nécessaire, et la pièce de bois moderne insérée dans La Résurrection sera retirée. La couche picturale sera nettoyée, consolidée, les repeints gênants retirés, retouchée et protégée par un vernis. Une nouvelle présentation du triptyque sera conçue en collaboration avec un spécialiste du soclage. Ces interventions sont essentielles pour préserver ce chef-d’œuvre.

  • Artiste : anonyme
  • Type : huiles sur bois
  • Dimensions : ?
  • Date : XVIᵉ–XVIIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Aignan, Poilly-sur-Serein (89)
  • Protection : classé au titre des Monuments historiques (1975/01/30)

Goulien (29) – Vierge à l'oiseau

Située à l’extrémité nord‑ouest de la presqu’île du cap Sizun, dans le Finistère, la commune de Goulien incarne l’esprit des campagnes bretonnes, entre falaises sauvages, bocage et héritages anciens. La présence de stèles protohistoriques (datant de l’âge du Fer) dans le bourg atteste une occupation humaine dès plusieurs siècles avant notre ère. Au Moyen Âge, la paroisse est déjà bien établie et placée sous l’autorité féodale des seigneurs de Lezoualc’h, dont le manoir se dresse encore aujourd’hui comme un témoin de la puissance locale. Le territoire de Goulien, marqué par la proximité de la mer et des voies anciennes, a connu aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles une période de prospérité liée aux pêcheries, sécheries et à la navigation, influençant aussi l’architecture religieuse locale.

L’œuvre 

Parmi les trésors patrimoniaux de la commune, la chapelle Saint‑Laurent abrite une œuvre remarquable qui illustre à merveille l’art religieux local. La chapelle conserve une statue en granite polychrome datant du XIVᵉ ou XVᵉ siècle, représentant une Vierge à l’Enfant à l’iconographie singulière. La Vierge, légèrement hanchée, tient une fleur dans sa main, tandis que l’Enfant Jésus, représenté de face, porte un oiseau qui picore dans sa main, symbolisant l’Esprit Saint. Taillée dans le granite et délicatement peinte, la statue allie robustesse du matériau et finesse du traitement polychrome, témoignant du savoir-faire des artisans bretons. Cette œuvre se distingue par sa rareté et sa beauté, offrant un exemple unique de l’iconographie mariale dans la région.

La restauration

La statue de la Vierge à l’Enfant de la chapelle Saint‑Laurent présente actuellement des difficultés de lisibilité des décors peints. Les différentes strates colorées se superposent, avec des manques sur plusieurs niveaux de coloris, ce qui rend difficile la lecture des détails originaux. Pour redonner finesse et clarté à la sculpture, il est envisagé de mettre en évidence le niveau coloré le plus ancien. Cette approche assurera à la fois la préservation du patrimoine et la lecture optimale de la polychromie originale, valorisant pleinement la beauté et la singularité iconographique de la statue.

  • Artiste : anonyme
  • Type : statue en pierre
  • Dimensions : 113 cm x 40 cm
  • Date : XIVᵉ–XVᵉ siècle
  • Lieu de conservation : chapelle Saint-Laurent, Goulien (29)
  • Protection : classée au titre des Monuments historiques (1993/03/26)

Rennes (35) – Cheval anatomique

L’Institut Agro Rennes-Angers conserve un patrimoine exceptionnel mêlant histoire, science et culture. Avec ses 30 000 volumes, ses collections scientifiques et artistiques, et ses bâtiments classés Monuments historiques, il témoigne de près de deux siècles de savoir et d’innovation. Depuis 2025, il ouvre ses trésors au grand public. Une pièce remarquable se distingue alors : un cheval anatomique unique, à la croisée des patrimoines scientifique, culturel, rennais, et équestre. Chef-d’œuvre des Établissements Auzoux, il fait aujourd’hui l’objet d’un ambitieux projet de restauration, à la hauteur de sa valeur scientifique et historique.

L’œuvre 

Le modèle exposé est ainsi un cheval anatomique clastique fabriqué en 1851 par les Établissements Auzoux, fondés par le Docteur Louis Auzoux (1791–1880), pionnier des modèles anatomiques en papier mâché. Entièrement démontable et légendé, ce modèle, réalisé à l’échelle 75 %, reproduit avec un réalisme saisissant l’anatomie du cheval grâce à un assemblage de 127 pièces en papier mâché, métal, bois, fibres végétales et colle de poisson. Utilisé comme outil pédagogique, il permettait d’enseigner l’anatomie sans recourir systématiquement à la dissection. Ces modèles innovants ont marqué l’histoire de l’enseignement scientifique au XIXᵉ siècle, et ont fait de Louis Auzoux un médecin anatomiste reconnu dans le monde entier.

La restauration

Le modèle est aujourd’hui en mauvais état, avec des pièces manquantes, des écaillages, des lacunes et une corrosion importante des éléments métalliques. Sa restauration demandera l’intervention de plusieurs spécialistes qui vont notamment le démonter, le nettoyer, restaurer la peinture et renforcer la structure en papier mâché et métal.

Ce projet fait partie d’une démarche locale pour préserver et transmettre des savoirs et des savoir-faire. Une fois restauré, ce modèle exceptionnel sera exposé pour le grand public à Rennes, dans la grande salle d’honneur du bâtiment historique de l’Institut.

  • Fabricant : Louis Auzoux
  • Type : sculpture en papier mâché et métal
  • Dimensions : 158 cm x 167 cm
  • Date : 1851
  • Lieu de conservation : Institut Agro Rennes-Angers, Rennes (35)

Sainte-Brigitte (56) – Vierge en prière

Sainte‑Brigitte est une petite commune bretonne nichée dans le bocage du nord Morbihan, dans le pays traditionnel de Bro Kost ar c’hoad (« le pays à côté du bois »), qui doit son nom à la vaste forêt de Quénécan. Le village conserve un patrimoine mêlant vie rurale et industrielle : les anciennes forges des Salles rappellent l’activité métallurgique qui a structuré l’économie locale jusqu’au XIXᵉ siècle, tandis que l’église paroissiale et les chapelles révèlent une tradition religieuse vivante avec retables et statues polychromes.

L’œuvre 

Parmi ces dernières, cette sculpture en bois de chêne de la Vierge en prière représentait sûrement une Vierge enceinte auparavant, une iconographie relativement exceptionnelle dans l’art médiéval. La mandorle (figure en forme d’ovale ou d’amande dans laquelle s’inscrivent des personnages sacrés) sculptée au niveau du ventre indique une représentation de grossesse. Les mutilations volontaires visibles pourraient correspondre à une modification de l’iconographie après le Concile de Trente (1545–1563), lorsque l’Église réaffirma sa doctrine face à la Réforme protestante, privilégiant désormais l’image de la Vierge à l’Enfant. De plus, les nombreuses couleurs ainsi que les traces d’or et d’argent révélées par les analyses stratigraphiques témoignent de l’éclat originel de l’œuvre. Actuellement placée dans la niche du porche sud, à 2,70 m de hauteur, l’emplacement de la statue interroge, la sculpture étant plus grande que la niche, ce qui laisse supposer qu’elle n’est peut-être pas présentée à son emplacement d’origine.

La restauration

Sur le plan structurel, plusieurs altérations sont visibles : fissures et fentes, petites cassures au niveau des doigts, du pied droit et du nez, ainsi que quelques zones vermoulues et des trous d’envol d’insectes xylophages. Ces dommages suggèrent que la statue a pu chuter par le passé. La couche picturale, elle aussi, est fortement dégradée. Ces altérations ont été partiellement masquées par des repeints de qualité médiocre et inadapté à la conservation d’une œuvre ancienne. Une restauration est donc nécessaire pour stabiliser le support, traiter les altérations du bois et restituer une lecture cohérente et respectueuse de la polychromie originale.

  • Artiste : anonyme
  • Type : statue en bois
  • Dimensions : 85 cm x 34 cm x 15 cm
  • Date : XVIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Sainte-Brigitte, Sainte-Brigitte (56)

Saint-Jean-de-Rebervilliers (28) – Vierge à l'Enfant et saint Jean Baptiste

Nichée dans le département d’Eure-et-Loir, en région Centre-Val de Loire, la petite commune rurale de Saint-Jean-de-Rébervilliers est nommée ainsi en référence à la dévotion à saint Jean le Baptiste, et l’élément Rebervilliers évoque quant à lui un ancien « domaine du rouvre », peut-être issu d’une villa gallo-romaine, signe que l’occupation humaine sur ce site remonte à des temps très anciens. Le patrimoine architectural de Saint-Jean-de-Rébervilliers est centré sur l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste, un édifice qui abrite un certain nombre d’œuvres d’art anciennes.

L’œuvre 

Parmi les chefs-d’œuvre conservés dans l’église, une peinture sur panneau de chêne attire particulièrement l’attention. Le tableau représente la Vierge à l’Enfant, accompagnée de saint Jean Baptiste, abrités sous un dais. Longtemps, l’œuvre a été perçue comme une réalisation du XIXᵉ siècle. Cependant, des premières interventions ont mis au jour des éléments inattendus : il est apparu que le tableau avait été entièrement repeint au XIXᵉ siècle, dissimulant une œuvre bien plus ancienne. Sous ce repeint se révèle une composition d’une grande richesse, probablement datable du XVIᵉ siècle. Des anges aux ailes multicolores émergent, accompagnés de rideaux vert intense, de drapés rouges profonds et d’un vase fleuri, éléments emblématiques de la peinture de la Renaissance. Les visages et les corps des personnages, plus expressifs et plus délicats, contrastent fortement avec la version tardive qui les recouvrait. La restauration a également mis en évidence des repeints de pudeur ajoutés au XIXᵉ siècle : la poitrine de la Vierge, la nudité de l’Enfant Jésus et celle des anges avaient été volontairement masquées, modifiant la lecture originale de l’œuvre.

La restauration

Le retrait des repeints du XIXᵉ siècle, encore en cours, nécessite une grande prudence. Si la peinture ancienne mise au jour révèle une œuvre de grande qualité, elle présente également de nombreuses usures et lacunes, dues à la superposition des couches picturales et à l’écaillage de la matière. Une fois le nettoyage achevé, un important travail de retouche sera indispensable afin de restaurer la lisibilité et l’harmonie de l’ensemble. Cette intervention permettra de mettre en valeur les détails et les couleurs révélés par la restauration, et de redonner à l’œuvre tout son éclat.

  • Artiste : anonyme
  • Type : huile sur bois
  • Dimensions : 92,2 cm x 73,8 cm
  • Date : XVIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Jean-Baptiste, Saint-Jean-de-Rebervilliers (28)
  • Protection : inscrite au titre des Monuments historiques (2021/08/09)

Avant dégagement

Avant dégagement

En cours de dégagement

Preuilly-sur-Claise (37) – Descente de croix

Située au cœur de la vallée de la Claise, Preuilly‑sur‑Claise est une commune au riche passé historique. Fondée autour de l’abbaye Saint‑Pierre au XI siècle, la ville fut la première baronnie de Touraine et conserve encore des vestiges de son rôle stratégique au Moyen Âge, comme les fortifications et le château du Lion. Son patrimoine religieux est remarquable, avec l’abbatiale romane, la chapelle de Tous‑les‑Saints et plusieurs maisons anciennes, hôtels particuliers et monuments historiques. L’église abbatiale Saint-Pierre, qui a abrité les reliques de saint Melaine, conseiller de Clovis, accueille chaque année de nombreux visiteurs, toujours admiratifs de ses proportions et de sa luminosité.

L’œuvre

Un grand tableau occupe une place de choix dans cette abbatiale du XIᵉ‑XIIᵉ siècle. L’œuvre est une copie fidèle d’un tableau de Jean Jouvenet(Rouen 1644 – Paris 1717), l’un des peintres majeurs du XVIIᵉ siècle, dont l’original est conservé au musée du Louvre. La scène représente la descente de croix : Joseph d’Arimathie et Nicodème grimpent sur la croix pour en retirer le corps du Christ. À leurs côtés, Marie, éplorée, ses sœurs, l’apôtre Jean, Marie-Madeleine et un groupe de fidèles assistent avec émotion à ce moment solennel. Deux personnages étendent le linceul au sol, préparant le corps pour l’ensevelissement. Malgré le temps, qui a fait flétrir les couleurs et atténué certains détails, cette copie conserve toute la puissance dramatique et la composition rigoureuse de l’original. Elle illustre avec force la maîtrise de Jouvenet dans la représentation des émotions et des mouvements.

La restauration

Ce tableau, exposé dans le chemin de croix de l’abbatiale, a su traverser les siècles tout en conservant sa puissance dramatique et la fidélité à l’original. Toutefois, un nettoyage en surface s’impose afin de redonner éclat et lisibilité à ses couleurs, estompées par le temps. L’œuvre ne présente pas de lacunes importantes et sa structure reste stable, mais elle mérite d’être mise en valeur à la hauteur de la beauté de l’abbatiale. Placée à l’abri de la lumière directe du soleil, elle bénéficie déjà d’une protection naturelle, et une restauration légère permettrait de révéler pleinement sa richesse picturale et son rôle dans le parcours spirituel et artistique de l’édifice.

  • Artiste : anonyme, d’après Jean Jouvenet (1644–1717)
  • Type : huile sur toile
  • Dimensions : ?
  • Date : après le XVIIIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Pierre, Preuilly-sur-Claise (37)

Saint-Marc-du-Cor (41) – Éducation de la Vierge

Nichée dans le Loir-et-Cher, la commune de Saint-Marc-du-Cor est un petit village au riche patrimoine historique. Son histoire se reflète dans ses édifices anciens, notamment l’église Saint-Médard, dont l’architecture témoigne des styles médiévaux et classiques. Le village conserve également des croix et calvaires qui jalonnent son territoire, symboles de son héritage religieux et de la vie rurale traditionnelle. 

L’œuvre 

L’église Saint-Médard abrite une statue en bois polychrome du XVIᵉ siècle représentant sainte Anne et sa fille, la Vierge Marie, dans la scène de l’Éducation de la Vierge. Marie, encore enfant, est debout, attentive et concentrée, tandis que sainte Anne la tient doucement entre ses bras et lui montre un livre, symbole de la transmission du savoir et de la foi. Les deux figures sont sculptées avec une grande délicatesse, dans un geste plein de douceur et de complicité maternelle. Les visages traduisent à la fois la tendresse et la concentration, rendant la scène profondément vivante. Au-delà de son aspect religieux et pédagogique, cette œuvre illustre la transmission de la piété, tout en soulignant le lien familial et l’importance de l’éducation dans la foi.

La restauration

La statue présente cependant une altération de sa matière, qui se traduit par un affaiblissement des parties les plus exposées. Les insectes xylophages ont pu profiter de cette fragilisation. Les désordres structurels nécessitent une intervention sur les assemblages disjoints, les bouchages anciens et les fissures, qui devront être nettoyés, réduits ou remplis selon leur état. L’ensemble des surfaces, encrassées par le temps, sera soigneusement nettoyé et remis en valeur. La statue conserve des vestiges de polychromie et un badigeon appliqué par-dessus. Ces éléments devront être préservés dans un premier temps, avec un nettoyage adapté, l’élimination des trainées jaunâtres et le refixage des soulèvements. Ces interventions permettront de stabiliser la sculpture et de mettre en valeur sa polychromie et ses détails sculptés, tout en respectant son authenticité historique.

  • Artiste : anonyme
  • Type : statue en bois
  • Dimensions : 100 cm x 45 cm x 35 cm
  • Date : XVIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Médard, Saint-Marc-du-Cor (41)
  • Protection : inscrite au titre des Monuments historiques (1976/06/04)

Vico (2A) – Saint Antoine et saint Joseph

Située au cœur de la pieve de Sorroingiù, entre mer et montagne, la commune de Vico occupe une place majeure dans l’histoire de la Corse occidentale. Village de caractère, Vico fut dès le Moyen Âge un centre religieux, administratif et culturel de première importance, marquant durablement l’identité de toute la région. Vico est particulièrement connu pour avoir abrité, à partir du XVIᵉ siècle, le couvent Saint-François, véritable cœur spirituel et politique de la pieve. Ce lieu emblématique joua un rôle essentiel dans l’histoire de l’île : il accueillit à plusieurs reprises la Consulta, assemblée fondatrice de la nation corse, et fut un lieu de formation pour Pascal Paoli, figure majeure de la lutte pour la liberté et l’autonomie de la Corse.

Les œuvres 

L’église paroissiale Santa Maria Assunta de Vico conserve deux statues remarquables en bois polychrome témoignant de l’importance de la création artistique en Corse au XIXᵉ siècle. La première représente Saint Antoine ermite, vénéré pour sa vie d’ascèse et de prière au désert, et invoqué dans la tradition populaire comme protecteur contre les maladies et les épreuves. La statue est attribuée au sculpteur Jean-Noël Coppolani (1827–1880), artiste originaire de Marignana, peintre, décorateur et sculpteur majeur de la Corse du XIXᵉ siècle. Actif dans toute la région, Coppolani est notamment l’auteur des importants travaux de décoration de l’église Santa Maria Assunta dès 1854. La statue de saint Joseph portant l’Enfant Jésus, d’auteur inconnu, fut probablement commandée à la fin des travaux de la nouvelle église. Par son style, elle peut être datée du milieu ou de la fin du XIXᵉ siècle et est contemporaine de l’activité de Jean-Noël Coppolani, sans pouvoir toutefois lui être attribuée avec certitude. Cette statue illustre la dévotion populaire envers saint Joseph, figure protectrice et paternelle, particulièrement honorée dans les églises corses de cette époque.

La restauration 

Les deux statues présentent des altérations affectant leur lisibilité. La statue de saint Joseph nécessite le retrait des enduits et de la main en plâtre, la réalisation d’une nouvelle main en bois et la reprise des dorures usées. Celle de saint Antoine ermite requiert l’enlèvement des repeints successifs et la restauration des dorures afin de retrouver son aspect d’origine.

  • Artistes : saint Joseph : anonyme – saint Antoine : Jean-Noël Coppolani (1827–1880)
  • Type : statues en bois
  • Dimensions : saint Joseph, 151 cm x 45 cm x 44 cm – saint Antoine, 123 cm x 29 cm x 27 cm
  • Date : XIXᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Santa-Maria-Assunta, Vico (2A)
  • Protection : inscrites au titre des Monuments historiques (1988/03/11)

Novale (2B) – Christ aux outrages et Donation du rosaire

Perchée au cœur de la Corse, la commune de Novale se distingue par son charme authentique et son riche patrimoine historique. Village aux ruelles étroites et aux maisons en pierre, Novale conserve des traces de son passé médiéval, avec notamment son église paroissiale Saint-Etienne et des chapelles rurales, témoins de la vie religieuse et communautaire à travers les siècles. Des croix de pierre, fontaines anciennes et autres éléments patrimoniaux parsèment le village et ses alentours, rappelant les savoir-faire locaux et la continuité des traditions corses.

Les œuvres

L’église Saint-Étienne abrite deux œuvres remarquables illustrant des épisodes majeurs de la tradition chrétienne. Le Christ aux outrages, huile sur toile datée des XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècles, représente un moment de la Passion du Christ, juste avant sa crucifixion. Le Christ, debout au centre de la composition, porte la couronne d’épines et affiche un visage marqué par la douleur mais empreint de sérénité. Autour de lui, les soldats romains se livrent à des gestes humiliants, contrastant avec la dignité du Christ. Le tableau de la Donation du Rosaire, daté de 1698, illustre la remise du rosaire par la Vierge Marie à saint Dominique et à sainte Catherine de Sienne. Ici, le Christ enfant, debout sur les genoux de Marie, tend le rosaire aux saints agenouillés. La Vierge, majestueuse et vêtue de bleu et de rouge, est entourée d’anges qui soulignent la dimension sacrée du geste.

La restauration 

Le Christ aux outrages et la Donation du Rosaire présentent tous deux des signes de vieillissement et de dégradations nécessitant une restauration. Pour le Christ aux outrages, le châssis est fortement infesté de moisissures et accumule saletés et dégradations, nécessitant son remplacement par un châssis neuf. La toile est oxydée avec des lacunes visibles. La couche picturale souffre d’un important chancis, d’empoussièrement, d’encrassement et de lacunes, avec des anciennes retouches visibles. Pour la Donation du rosaire, la toile est oxydée et dégradée, probablement à cause d’une accumulation de gravats entre la toile et le châssis. La couche picturale souffre de lacunes, d’un empoussièrement et encrassement importants, ainsi que d’éclaboussures, de coulures et de fientes d’oiseau. Ces interventions permettront de restaurer la lisibilité des deux tableaux.

  • Artistes : anonymes
  • Type : huiles sur toile
  • Dimensions : Christ aux outrages, 116,5 cm x 146 cm – Donation du Rosaire, 121,5 cm x 168 cm
  • Date : Christ aux outrages, XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècles – Donation du Rosaire, 1698
  • Lieu de conservation : église Saint-Etienne, Novale (2B)

Matra (2B) – La Vierge entourée de saint Antoine de Padoue et saint Roch

Perchée dans l’arrière-pays corse, la commune de Matra est un village au riche patrimoine historique et culturel. Ses ruelles étroites et ses maisons en pierre traduisent l’architecture traditionnelle corse, tandis que ses chapelles et calvaires témoignent de la foi et des pratiques religieuses anciennes. Le village et son territoire conservent également des traces du passé rural et agricole, avec des fontaines, des fours à pain et des chemins anciens reliant les hameaux voisins. La position de Matra, au cœur de paysages de montagnes et de vallons, reflète l’étroite relation entre l’homme et son environnement, façonnée par des siècles d’activités pastorales et agricoles.

L’œuvre

La commune de Matra conserve dans son église Saint-Bernardin-de-Sienne un tableau représentant saint Roch et saint Antoine de Padoue aux pieds de la Vierge de l’Assomption. L’œuvre est attribuée à Francesco Carli (vers 1735–1821), l’une des figures majeures de l’école picturale corse du XVIIIᵉ siècle. La composition se déploie en deux registres : dans la partie supérieure, la Vierge est assise sur un nuage, les bras ouverts, symbole de protection et de grâce ; dans le registre inférieur, saint Roch est représenté à genoux, accompagné de son chien tenant un petit pain, tandis que saint Antoine de Padoue, à gauche, est agenouillé et tient une branche de lys, symbole de pureté. Le tableau illustre l’influence du rococo dans la peinture religieuse corse, avec l’usage de tons clairs et de couleurs pastel qui confèrent aux personnages une grande douceur et une expressivité caractéristique de l’œuvre de Carli.

La restauration

Le tableau présente aujourd’hui un état de conservation préoccupant. Le support a souffert par le passé de problèmes d’humidité, aujourd’hui résolus, mais plusieurs déchirures de la toile demeurent et fragilisent l’ensemble. La surface picturale a également été altérée par des interventions anciennes inappropriées, notamment un nettoyage au détergent, qui a affecté la qualité et la lisibilité des couleurs. La restauration devra donc inclure la consolidation du support, le traitement des déchirures et la stabilisation de la peinture, afin de préserver l’intégrité de l’œuvre tout en restituant sa lisibilité et sa beauté originale.

  • Artiste : attribuée à Francesco Carli (1735–1821)
  • Type : huile sur toile
  • Dimensions : 123 cm x 169 cm
  • Date : XVIIIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Bernardin-de-Sienne, Matra (2B)

Fromentières (51) – Retable flamand

Située au cœur de la campagne, la commune de Fromentières charme par son authenticité et son patrimoine. L’un de ses trésors les plus remarquables se trouve dans son église, qui abrite un exceptionnel retable flamand datant du XVIᵉ siècle. Réalisé en bois dur — probablement du chêne de la Baltique — ce retable sculpté et peint illustre le style gothique flamboyant. Sa richesse iconographique et la finesse de ses détails en font une œuvre unique dans la région, témoin du rayonnement artistique de l’époque.

L’œuvre 

Le joyau de l’église de Fromentières est donc sans conteste son remarquable retable flamand, chef-d’œuvre de l’école allemande de Nuremberg. Réalisé à Anvers au XVIᵉ siècle, il est orné de minuscules mains — emblème de la ville — apposées sur chacun des 150 personnages sculptés et peints qui le composent. Le retable encadre plusieurs panneaux représentant des scènes de la Passion du Christ, répartis dans des épisodes tels que l’entrée à Jérusalem, la Cène, la Crucifixion ou encore la Résurrection. Témoignage exceptionnel de l’art gothique flamboyant, ce retable a été acquis par les membres de la fabrique le 6 juin 1715 pour la somme de 12 pistoles (équivalent de 4 000 € en or actuel, environ 10 000 € en pouvoir d’achat historique). Classé au titre des Monuments historiques par arrêté du 6 août 1881, il continue d’émerveiller par la richesse de ses détails et la finesse de son exécution.

La restauration

Le grand raffinement et la précision qui caractérisent cette œuvre exigent une restauration afin de lui permettre de resplendir à nouveau. Actuellement, l’ensemble présente un encrassement important, des traces d’humidité et une polychromie très altérée, presque effacée par endroits. Deux figurines manquent également : la Vierge à l’Enfant, dans la scène de l’Adoration des Mages, et le Christ, dans la scène de la Flagellation. Leur remplacement est envisagé à l’aide de figurines en plâtre, restituées dans le respect de l’harmonie de l’œuvre. Cette restauration a pour objectif de redonner toute sa splendeur et sa lisibilité à ce chef-d’œuvre du gothique flamboyant, témoin exceptionnel de plus de cinq siècles d’histoire.

  • Artiste : École de Nuremberg
  • Type : retable
  • Dimensions : 425 cm x 295 cm x 38 cm
  • Date : XVIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Sainte-Marie-Madeleine, Fromentières (51)
  • Protection : classé au titre des Monuments historiques (1881/08/06)

Vic-sur-Seille (57) – Autel de saint Nicolas

Située au cœur du département de la Moselle, Vic-sur-Seille est une commune au riche patrimoine historique et culturel. Fondée au Moyen Âge, la ville s’est développée autour de son château et de ses remparts, témoins de son rôle stratégique dans la région. Son histoire est marquée par les influences successives des duchés lorrains et des conflits frontaliers, qui ont laissé des traces dans l’architecture et l’organisation urbaine. La ville est également connue pour être le berceau du peintre Georges de La Tour, figure emblématique du XVIIᵉ siècle, célébré à travers le musée qui lui est consacré. Vic-sur-Seille allie ainsi histoire, architecture et patrimoine artistique, témoignant de son rôle culturel et stratégique dans la région.

L’œuvre

Situé dans la chapelle Saint-Nicolas de l’église paroissiale Saint-Marien, l’autel consacré en 1769 est un précieux témoignage du patrimoine religieux du Saulnois au XVIIIᵉ siècle. Réalisé en bois sculpté, peint et doré, il illustre parfaitement l’esthétique rocaille, avec un décor animé de guirlandes végétales, de bouquets de roses et un médaillon central représentant les bustes de saint Nicolas et saint Roch, protecteurs particulièrement vénérés en Lorraine. L’autel présente une structure en bois mouluré, peinte en gris clair et rehaussée de dorures sur les parties sculptées. Le décor, concentré sur la face principale, témoigne du savoir-faire des artisans du XVIIIᵉ siècle, bien que l’auteur reste inconnu. L’ensemble repose sur un emmarchement en pierre, associé à un carrelage à bouchons noirs, vraisemblablement d’époque, complétant ainsi l’harmonie et la valeur historique de l’ouvrage.

La restauration

L’autel de la chapelle Saint-Nicolas se trouve aujourd’hui dans un état préoccupant : les bois présentent des vermoulures importantes, le tabernacle d’origine a disparu et des dégradations liées aux insectes xylophages sont visibles sur plusieurs parties de la structure. Un projet de restauration apparaît donc nécessaire pour assurer la sauvegarde de ce patrimoine emblématique. Il permettrait de stabiliser la structure, de traiter les dégradations biologiques et de restaurer la qualité artistique de l’œuvre, redonnant ainsi à la chapelle tout son éclat d’origine et préservant l’héritage religieux et artistique du XVIIIᵉ siècle.

  • Artiste : anonyme
  • Type : autel en bois
  • Dimensions : ?
  • Date : 1769
  • Lieu de conservation : église Saint-Marien, Vic-sur-Seille (57)

Plombières-les-Bains (88) – Portrait de l'Impératrice

Plombières-les-Bains, située dans les Vosges, est une cité thermale au riche passé historique, dont l’histoire remonte à l’Antiquité et aux bains romains. La ville conserve un ensemble patrimonial remarquable, mêlant vestiges antiques et architecture thermale du XIXᵉ siècle. Le destin de Plombières est intimement lié à Napoléon III et à l’impératrice Eugénie, qui y séjournèrent à plusieurs reprises entre 1856 et 1868, supervisant les grands travaux de modernisation et contribuant à la renommée de la station, à l’instar d’autres villes thermales qu’ils ont promues.

L’œuvre 

Le portrait de l’impératrice Eugénie, classé au titre des Monuments historiques depuis le 19 mai 1867, est conservé par la commune depuis 1857, offert par l’État. Sur ce portrait officiel, l’impératrice, célèbre pour sa beauté, apparaît parée d’un diadème et d’une couronne créés par le joaillier de la Couronne, Alexandre-Gabriel Lemonnier. Le tableau est une copie d’après l’original de Franz Xaver Winterhalter (1805–1873), présenté au Salon de 1855. Peintre allemand de renom, il fut le portraitiste de l’aristocratie et des cours européennes, apprécié pour son élégance et sa capacité à sublimer les traits et les étoffes de ses modèles. Le tableau original, installé au palais des Tuileries, a vraisemblablement disparu lors du saccage et de l’incendie de Paris en 1871, mais son image est restée célèbre grâce aux copies réalisées à l’époque. Ce portrait, dont l’auteur de la copie demeure inconnu, permet de préserver la mémoire du style raffiné de Winterhalter et de la représentation officielle de l’impératrice.

La restauration

Ce tableau nécessite cependant une restauration complète. La toile est distendue, avec des trous à plusieurs endroits, et le vernis ancien est chanci, donnant des zones mates et opaques. De plus, des anciennes retouches maladroites altèrent la lisibilité du portrait. Le cadre doré requiert également une intervention, pour réparer les ornements en plâtre fragilisés, cassés ou disjoints. Une restauration approfondie permettra de restaurer la lisibilité et l’éclat de cette œuvre, essentielle pour la mémoire historique et patrimoniale de la commune de Plombières-les-Bains.

  • Artiste : anonyme, d'après Franz Xavier Winterhalter (1805–1873)
  • Type : huile sur toile
  • Dimensions : 243 cm x 156 cm
  • Date : XIXᵉ siècle
  • Lieu de conservation : mairie de Plombières-les-bains (88)
  • Protection : classée au titre des Monuments historiques (1967/05/19)

Wormhout (59) – La vision du bienheureux Joseph Hermann

Située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France, Wormhout est une commune au riche patrimoine historique et culturel, profondément marquée par son passé flamand. Le village conserve un cœur ancien avec ses maisons traditionnelles à colombages, ses fermes typiques et ses rues bordées de bâtiments datant des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, témoignant de l’influence de l’architecture flamande.

L’œuvre

La commune de Wormhout souhaite mettre en valeur et préserver un tableau majeur de son patrimoine religieux : La vision du bienheureux Joseph Hermann, attribué à l’artiste Jean de Reyn (1610–1678), peintre flamand élève ou proche collaborateur du peintre de renom Pierre Paul Rubens. Le tableau illustre Joseph Hermann (1150–1241), religieux de l’abbaye norbertine de Steinfeld, connu pour sa piété, sa dévotion à la Vierge Marie, ses prières et ses hymnes. S’étant consacré à la Sainte Vierge, celle-ci lui serait, selon la légende, apparue plusieurs fois au cours de sa vie. Lors d’une vision extatique, elle lui serait apparue avec deux anges afin de sceller son mariage mystique avec la Vierge et il reçut alors le prénom de Joseph. Béatifié en 1958, il demeure une figure majeure de la spiritualité médiévale et de l’ordre des Prémontrés. Conservée dans l’église Saint-Martin, cette peinture rare est une copie du tableau éponyme réalisé par le peintre flamand Antoine van Dyck et exposé au Kunsthistorisches Museum de Vienne.

La restauration

Le tableau se trouve aujourd’hui dans un état de conservation préoccupant, mettant en danger sa pérennité. Les experts ont relevé un encrassement et un empoussièrement généralisé, ainsi que la présence d’une trace blanche sur la toile. Les interventions prévues viseront à nettoyer délicatement la surface, stabiliser la couche picturale et restaurer la lisibilité de l’œuvre, afin de préserver ce patrimoine exceptionnel pour la commune de Wormhout et les générations futures.

  • Artiste : attribuée à Jean de Reyn (1610–1678)
  • Type : huile sur toile
  • Dimensions : 180 cm x 280 cm
  • Date : XVIIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Martin, Wormhout (59)
  • Protection : inscrite au titre des Monuments historiques (2018/11/13)

Crépy-en-Valois (60) – La Cène

Crépy-en-Valois, située dans l’Oise en région Hauts-de-France, est une commune au riche passé historique et patrimonial. Fondée au Moyen Âge, elle s’est développée autour de son château et de ses fortifications, témoignant de son importance stratégique. La ville conserve de nombreux éléments de son histoire, parmi lesquels l’église Saint-Thomas, construite entre le XIIIᵉ et le XVIᵉ siècle, ainsi que l’église Saint-Denis et des maisons anciennes aux façades en pierre et en colombages. Crépy-en-Valois est également marquée par ses anciens remparts et portes de ville, vestiges de son rôle défensif.

L’œuvre

Dans le cœur historique de Crépy-en-Valois, au sein de l’église Saint-Denis, se trouve une œuvre témoignant du riche patrimoine religieux de la commune. Il s’agit d’une détrempe sur toile, technique de peinture où les pigments sont liés avec de l’eau et un liant, comme de la colle ou de l’œuf, pour former la couche picturale. Cette détrempe, réalisée au XVIIIᵉ siècle, représente La Cène, le dernier repas du Christ avant sa Passion. La scène se déroule dans un intérieur architectural suggéré par des colonnes et un drapé, où les apôtres entourent une table rectangulaire couverte d’une nappe. Jésus est placé au centre, surmonté d’une colombe symbolisant le Saint-Esprit. Au premier plan, des jarres décoratives viennent enrichir la composition. Les couleurs, douces et harmonieuses, mêlent bleu, rose et brun, typiques du XVIIIᵉ siècle, et créent une atmosphère solennelle et spirituelle. L’œuvre suit les codes iconographiques traditionnels d’une représentation de la Cène.

La restauration

La toile nécessite une restauration urgente afin de stabiliser son état et de préserver son intégrité. Elle présente des déchirures et des traces de mauvais conditionnement prolongé, telles que des plis et des auréoles d’humidité. Les semences métalliques du châssis, désormais rouillées, ont provoqué de petites déchirures sur les bords. La surface est fortement encrassée, tandis que la couche picturale révèle des lacunes, des pertes d’adhérence et quelques repeints suspectés. Les interventions prioritaires incluent le nettoyage de la surface, la consolidation du support et de la peinture, la réparation des déchirures et la stabilisation des bordures, afin d’assurer à la fois la conservation de l’œuvre et sa lisibilité artistique.

  • Artiste : anonyme
  • Type : détrempe sur toile
  • Dimensions : 290 cm x 330 cm
  • Date : XVIIIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Denis, Crépy-en-Valois (60)
  • Protection : inscrite au titre des Monuments historiques (2016/06/21)

Amiens (80) – Tombe de Joseph Porphyre Pinchon

Située dans la région Hauts-de-France, Amiens est une ville au patrimoine historique et culturel remarquable. Son cœur médiéval se dévoile à travers ses rues anciennes et ses maisons à colombages, tandis que la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, témoigne de l’excellence de l’architecture gothique. Amiens est aussi connue pour son rôle dans l’histoire de la bande dessinée grâce à un enfant du pays, Joseph Porphyre Pinchon (1871–1953), illustrateur et précurseur de la BD moderne. Il est le créateur de Bécassine, personnage emblématique de la bande dessinée française.

L’œuvre 

Joseph Porphyre Pinchon, né le 18 avril 1871 à Amiens et décédé le 20 juin 1953 à Paris, est inhumé au cimetière Saint-Acheul ancien de sa ville natale. Illustrateur, dessinateur de bandes dessinées et précurseur de la BD moderne, il est surtout connu comme le créateur de Bécassine en 1905 pour le journal La Semaine de Suzette, personnage qui donna lieu à 27 albums entre 1913 et 1939. Il a également illustré de nombreuses autres séries, dont Frimousset, Grassouillet et cinq autres séries totalisant 16 albums, et a contribué à l’univers graphique en réalisant des costumes et des bannières pour spectacles et fêtes populaires, ainsi que des films. Pinchon a marqué la culture visuelle française et influencé de nombreux auteurs, dont Hergé, inspirateur de la bande dessinée moderne. Selon Didier Pasamonik, spécialiste de la BD, il est considéré comme l’un des meilleurs dessinateurs de son époque, et sa contribution constitue une étape majeure pour comprendre la bande dessinée actuelle. La tombe de Joseph Porphyre Pinchon est ainsi un lieu de mémoire rendant hommage à l’un des grands noms de l’illustration et de la bande dessinée française, profondément enraciné dans l’histoire et la culture d’Amiens.

La restauration

La tombe de Pinchon présente aujourd’hui des signes importants de vieillissement et d’usure. Les travaux envisagés comprennent la restauration des grilles et du portillon, la remise en état des assemblages de quincaillerie détériorés, ainsi que la restitution des pièces manquantes ou hors service. Parmi celles-ci, 56 pointes identiques devront être refaites pour retrouver l’aspect originel de l’enclos. Cette restauration permettra de préserver et valoriser la mémoire d’un artiste majeur de la bande dessinée et de l’illustration française.

  • Artiste : anonyme
  • Type : tombe
  • Dimensions : ?
  • Date : XXᵉ siècle
  • Lieu de conservation : cimetière Saint-Acheul-Ancien, Amiens (80)

Paris (75) – Saint Éloi

Située dans le 12ᵉ arrondissement de Paris, l’église Saint-Éloi est un édifice emblématique du patrimoine religieux parisien, étroitement lié à l’histoire des métiers de l’art et de l’artisanat. Dédiée à saint Éloi, évêque du VIIᵉ siècle et patron des orfèvres, des métalliers et des artisans, elle incarne un lien fort entre spiritualité et savoir-faire. Construite au XXᵉ siècle, l’église actuelle s’inscrit dans le contexte du renouveau de l’architecture religieuse, avec une volonté d’adapter les formes et les espaces aux besoins de la vie paroissiale moderne. 

L’œuvre

Parmi ces œuvres du XXᵉ siècle se trouve une sculpture de saint Éloi, patron des orfèvres, réalisée par Jean Puiforcat (1897–1945). Issu d’une famille d’orfèvres parisiens active depuis 1820, il devient l’un des principaux représentants de l’Art déco, développant dès les années 1920 un style épuré et géométrique, fondé sur l’harmonie des formes simples — sphère, cône et cylindre — et l’absence de décor superflu, une recherche qu’il applique également à l’art religieux. En 1937, il présente une sculpture de saint Éloi à l’Exposition internationale des arts et des techniques appliqués à la vie moderne. L’œuvre traduit une esthétique sobre et spirituelle, où la matière est mise au service de l’équilibre et de la foi. Donnée en 1985 à la paroisse Saint-Éloi, la statue y est toujours conservée. Son état actuel porte les marques du temps, avec des traces d’usure et d’encrassement liées à près de 90 ans d’existence.

La restauration

La statue, en plâtre recouvert de bronzine, présente de nombreuses dégradations et nécessite une restauration. La base, très exposée, est abîmée avec des enfoncements et des éclats, tandis que la surface est marquée par de nombreuses griffures. Elle est aussi sale et poussiéreuse, avec des traces de cire liées à son usage. Certaines reprises anciennes à la bronzine, aujourd’hui foncées, créent des différences de couleur qui perturbent l’harmonie de l’ensemble. La restauration permettra de stabiliser la statue, de la nettoyer et d’harmoniser sa surface, tout en respectant son aspect d’origine et son histoire.

  • Artiste : Jean Puiforcat (1897–1945)
  • Type : statue en plâtre et bronzine
  • Dimensions : 215 cm x 45 cm
  • Date : 1937
  • Lieu de conservation : église Saint-Éloi, Paris (75012)

Nanterre (92) – Les Cent Images

En 1989, la Maison de Nanterre devient le Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers – Hôpital Max Fourestier (CASH). Cette transformation marque le début d’un vaste programme de rénovation et d’humanisation du site, notamment des structures médico-sociales comme l’EHPAD et le CHAPSA. Ces espaces sont principalement accessibles par la galerie Est, axe central de circulation long de plus de 300m. En 1997, le CASH commande à l’artiste Guy de Rougemont la réalisation d’une centaine de toiles marouflées destinées à cette galerie, un projet artistique emblématique de l’élan de modernité insufflé à l’établissement.

L’œuvre 

Intitulé Les Cent Images, cet ensemble de cent toiles est conçu par Guy de Rougemont et réalisé avec l’aide d’une équipe qui l’accompagne en seulement quarante jours ouvrés, conformément aux souhaits exprimés par l’artiste dans sa correspondance avec le CASH. Cette correspondance révèle également que Guy de Rougemont n’a facturé que les matériaux, inscrivant délibérément ce projet dans une démarche de mise à disposition de l’art pour tous. Fondée sur un travail essentiel autour des formes et des couleurs, à la frontière de la peinture et de la sculpture, l’œuvre de Guy de Rougemont investit aussi bien des objets du quotidien que de grands espaces publics qu’on lui confie à animer, comme l’hôpital Saint-Louis à Paris, la station RER de Marne-la-Vallée, le parvis du musée d’Orsay ou encore la place Albert-Thomas à Villeurbanne. Pensées pour un lieu de soins et d’accueil, Les Cent Images offrent aux publics les plus fragilisés une expérience esthétique capable de stimuler l’imaginaire, illustrant pleinement les valeurs humanistes portées par l’artiste tout au long de son œuvre.

La restauration

Aujourd’hui, seules 82 des 100 toiles originales des Cent Images subsistent. Les différents chantiers de construction ont entraîné la destruction de plusieurs œuvres, et de nouveaux travaux prévus menacent encore une partie de la galerie. Face à ces risques, un projet de conservation-restauration apparaît indispensable afin d’assurer la sauvegarde de cet ensemble monumental. Il implique la dépose des toiles concernées par les démolitions, la stabilisation des œuvres restantes et la documentation de leur état, dans un objectif de prévention des pertes futures.

  • Artiste : Guy de Rougemont (1935–2021)
  • Type : huiles sur toile marouflées
  • Dimensions : ?
  • Date : 1997
  • Lieu de conservation : Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers – Hôpital Max Fourestier, Nanterre (92)

Longjumeau (91) – Véhicule hippomobile

Longjumeau, située dans l’Essonne en Île-de-France, possède une histoire étroitement liée à sa position stratégique aux portes de Paris. Développée le long des grands axes de circulation, la ville fut, sous l’Ancien Régime, le dernier relais de poste avant Paris sur la route royale reliant Orléans à la capitale. Voyageurs et courriers y faisaient halte pour changer de chevaux avant d’entrer dans la ville, faisant de Longjumeau un point clé des échanges. Longjumeau conserve ainsi l’héritage d’une ville de passage au rôle essentiel dans l’histoire des communications entre le sud du royaume et Paris.

L’œuvre 

Cet héritage trouve une illustration dans la conservation d’objets emblématiques des modes de transport anciens, tels qu’une calèche fermée de type coupé de ville, parfois assimilée à un landau léger, qui est un véhicule hippomobile caractéristique de la mobilité urbaine de la fin du XIXᵉ siècle. Entrée dans les collections de la ville de Longjumeau, elle témoigne des modes de déplacement utilisés pendant la Belle Époque, avant l’essor de l’automobile. Sa structure associe un châssis et des roues en bois à des éléments métalliques forgés, révélant un haut niveau de savoir-faire artisanal. L’intérieur, aménagé pour le confort des passagers, était garni de cuir ou de tissu, tandis qu’une capote repliable en toile imperméable protégeait des intempéries. Le siège du cocher, placé à l’avant en extérieur, souligne l’usage de ce type de voiture dans un contexte bourgeois ou professionnel, comme fiacre ou voiture de maître.

La restauration

La calèche, bien que complète, présente aujourd’hui un état de conservation fragilisé. On constate un empoussièrement généralisé, tandis que le cuir intérieur et la capote montrent des signes d’usure liés au temps et aux conditions de conservation. On observe également une légère déformation du châssis, ainsi qu’une oxydation localisée des ferrures métalliques, qui peuvent, à terme, fragiliser la structure. Une restauration permettrait de stabiliser l’ensemble, de consolider les éléments en bois, de traiter les parties métalliques et de préserver les matériaux souples. Cette intervention contribuerait à retrouver l’aspect d’origine de la calèche et à valoriser pleinement cet objet au fort intérêt patrimonial, visuel et pédagogique.

  • Artiste : anonyme
  • Type : calèche fermée de type coupé de ville
  • Dimensions : ?
  • Date : 1880–1900
  • Lieu de conservation : Longjumeau (91)

Raids (50) – Calvaire

Située dans le département de la Manche, en Normandie, la commune de Raids se distingue par son riche patrimoine historique et son environnement typiquement normand. Son territoire, marqué par des siècles d’histoire rurale, conserve des traces de son passé médiéval, notamment à travers ses églises anciennes, ses manoirs et ses bâtiments agricoles traditionnels.

L’œuvre 

Le calvaire de Raids, offert à la commune par Monsieur Monrocq, vicaire de Raids, entre 1857 et 1860, est une œuvre emblématique du patrimoine religieux local. Il a été réalisé par Yves Hernot père, sculpteur breton à la tête de l’« Atelier de sculpture Yves Hernot » à Lannion, spécialisé dans la création de calvaires et de tombeaux. Un calvaire est un monument religieux représentant la Crucifixion du Christ, souvent accompagné de sculptures de personnages bibliques. Érigé dans des lieux publics, il sert de lieu de prière, de recueillement et constitue un témoignage patrimonial et historique de la commune. Au cours de la vie d’Hernot père, cet atelier a produit 517 calvaires, témoignant d’un savoir-faire unique en Bretagne et au-delà. L’atelier fut ensuite repris par son fils, Yves Hernot fils. Érigé en granit, ce massif calvaire mesure 10m de hauteur et accueille depuis 1 860 habitants, visiteurs et pèlerins, notamment dans le cadre du pèlerinage de Saint-Michel. En 2023, lors de la tempête Ciaran, le calvaire s’est brisé en deux : le Christ est tombé mais s’est miraculeusement fiché dans la terre meuble, sans causer de dégâts ni à lui-même ni aux habitants. Ce phénomène a renforcé la valeur symbolique et historique de ce monument, toujours considéré comme un point de repère spirituel et culturel de la commune.

La restauration

Le calvaire de Raids nécessite une restauration complète pour être remis sur pied et sécurisé. La mairie souhaite vivement engager cette intervention afin de préserver ce monument historique et symbole spirituel de la commune. Cependant, le coût de cette restauration d’ampleur dépasse actuellement les moyens financiers disponibles, rendant indispensable la recherche de soutiens ou de financements complémentairespour mener à bien ce projet patrimonial.

  • Artiste : Yves Hernot père
  • Type : calvaire en pierre
  • Date : 1857–1860
  • Lieu de conservation : Raids (50)

© Véronique Couillard

Alençon (61) – Avion Flamant MD-311 F-AZER

L’association A3A (Alençon Aéronautique et Aviation Ancienne) œuvre à la préservation, à la transmission et à la valorisation du patrimoine aéronautique mondial. À travers des actions pédagogiques, des projets de restauration et des animations culturelles, l’association s’attache à faire découvrir au grand public les grandes étapes de l’aventure aéronautique. Dans ce cadre, l’association rappelle le parcours de Marcel Bloch, ingénieur et entrepreneur français, qui, après son retour des camps en 1945, devient Marcel Dassault en 1946, en hommage au nom de guerre de son frère dans la Résistance, et se consacre à la construction d’avions. Il recrée une entreprise aéronautique à Mérignac, où la construction du hangar H2, première chaîne de montage Dassault, marque la relance d’une grande aventure industrielle française.

L’avion

Conçu par Marcel Dassault pour répondre au concours d’avion de liaison lancé par l’État après la Seconde Guerre mondiale, le MD Flamant est un bimoteur robuste et polyvalent capable de transporter une dizaine de passagers. Son premier vol a lieu le 10 février 1947 à Mérignac. Produit à 325 exemplaires, il se décline en plusieurs versions : le MD-311 à nez vitré pour l’entraînement à la navigation et au bombardement, le MD-312 pour les liaisons et l’école de pilotage, et le MD-315 destiné aux missions de police coloniale. Très apprécié pour sa fiabilité, il équipe de nombreuses unités de l’Armée de l’Air et est utilisé dans plusieurs pays dans le cadre de l’aide militaire française. L’exemplaire présenté effectue son premier vol en avril 1953 et totalise 5 604 heures de vol. Il fait partie des deux derniers Flamant encore existants dans le monde. Après avoir participé à de nombreux rassemblements en France et en Europe, ainsi qu’à plusieurs tournages cinématographiques, cet avion doit faire l’objet d’une révision mécanique complète et d’une nouvelle mise en peinture, afin de préserver et transmettre ce témoin majeur de l’histoire aéronautique française.

La restauration

L’avion nécessite aujourd’hui une révision mécanique complète afin de garantir la fiabilité de ses systèmes, ainsi qu’une nouvelle mise en peinture, réalisée dans sa livrée d’origine, pour restituer fidèlement son aspect historique et valoriser cet appareil emblématique de l’aviation française.

  • Fabricant : Dassault
  • Type : avion bimoteur
  • Date : 1953
  • Lieu de conservation : terrain d’aviation d’Alençon (61)

Orival (76) – Pietà

Située en Normandie, dans le département de la Seine-Maritime, la commune d’Orival possède un riche patrimoine historique et architectural. Son territoire conserve des traces du passé médiéval, notamment à travers ses ruines de châteaux, ses églises anciennes et ses bâtiments traditionnels en pierre et colombages. Ce patrimoine précieux constitue une part essentielle de l’identité du village et de la mémoire collective de ses habitants.

L’œuvre 

Parmi les trésors du patrimoine d’Orival, et particulièrement de son élise Saint-Georges, figure une Vierge de Pitié (Pietà) en bois polychrome et doré, finement sculptée et d’une grande expressivité. Cette œuvre religieuse du XVᵉ siècle témoigne de la sensibilité artistique de son atelier régional et illustre la puissance émotionnelle des sculptures dévotionnelles normandes. Les Pietàs au Moyen Âge en France occupaient une place essentielle dans la piété chrétienne : elles représentaient le Christ mort tenu dans les bras de sa mère et permettaient aux fidèles de méditer sur la souffrance et la compassion. Très présentes dans les églises et chapelles, ces œuvres combinaient réalisme, expressivité et détails minutieux, reflétant l’importance de l’émotion dans l’art religieux. La Pietà d’Orival, par sa finesse et son expressivité, est ainsi un témoin précieux de l’histoire locale, de la dévotion médiévale et du savoir-faire des sculpteurs locaux.

La restauration

Cependant, comme beaucoup d’œuvres anciennes exposées au temps, à l’humidité et aux variations climatiques, la Pietà présente aujourd’hui plusieurs signes de dégradation : altération de la polychromie, fissures dans le matériau, dépoussiérage insuffisant, fragilité structurelle ou affaissement de certaines parties sculptées. Sans intervention rapide, ces altérations risquent de s’aggraver et de compromettre la pérennité de l’œuvre.

  • Artiste : anonyme
  • Type : statue en bois
  • Dimensions : ?
  • Date : XVᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Georges, Orival (76)
  • Protection : inscrite au titre des Monuments historiques (2009/07/31)

Belin-Béliet (33) – Saint Jean

Située au sud de la Gironde, la commune de Belin-Béliet s’inscrit dans un territoire marqué par une occupation très ancienne, comme en témoignent les vestiges du camp gallo-romain de Belin et l’ancienne voie reliant Bordeaux à Dax. Le village s’est ensuite développé au fil du Moyen Âge et de la vie forestière qui a façonné l’identité de la Grande Lande. Son patrimoine religieux et rural, ses paysages de pins et ses traces d’activités traditionnelles composent un ensemble harmonieux où se mêlent histoire locale et mémoire des landes. Dans ce contexte, l’église Saint-Pierre-de-Mons s’impose comme l’un des témoins majeurs de ce riche héritage.

L’œuvre

Au cœuvre de cette église se trouve une statue très ancienne. Cette sculpture en bois de saint Jean l’Évangéliste séduit par le naturel de sa physionomie et son allure « bon enfant ». Drapé dans un lourd manteau rouge, le saint tient un calice dans sa main gauche, symbole de l’épisode de la Légende dorée où il bénit un breuvage empoisonné, faisant surgir un serpent du vase en signe de victoire sur la mort. La main droite, aujourd’hui manquante, est connue grâce à une photographie et à un dessin de Jean-Auguste Brutails réalisés au début du XIXᵉ siècle. Une inscription gothique, difficilement lisible, figure au revers du manteau et pourrait mentionner son nom, Johannes. L’œuvre a conservé plusieurs traces de polychromie laissant deviner ses teintes d’origine, probablement bleutées. Elle pourrait provenir de l’ancien prieuré Saint-Jean de Mons.

  • Artiste : anonyme
  • Type : statue en bois
  • Dimensions : 103 cm x 29 cm x 19 cm
  • Date : XVᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Pierre-de-Mons, Belin-Béliet (33)
  • Protection : classée au titre des Monuments historiques (1984/09/05)

Laplume (47) – Mise au tombeau

Située dans le Lot-et-Garonne, la commune de Laplume possède un riche héritage historique et patrimonial. Son territoire, marqué par l’histoire médiévale de l’Agenais, conserve des traces de son passé rural et seigneurial. Le village s’est développé autour de son église et de ses anciens bâtiments agricoles, témoignant d’une organisation traditionnelle du paysage bocager et viticole. Plusieurs maisons et fermes conservent leur structure en pierre et en colombages, caractéristiques de l’architecture locale.

L’œuvre 

Au cœur de l’église Saint-Barthélémy à Laplume se trouve un tableau représentant la Mise au Tombeau du Christ, moment poignant de la Passion où son corps est descendu de la croix et préparé pour l’ensevelissement. Au centre de la composition, le Christ est étendu, soutenu par ses proches. La Vierge Marie, le visage marqué par le chagrin, se penche sur lui, tandis que saint Jean et Marie-Madeleine l’entourent, exprimant douleur, compassion et fidélité. Les personnages sont disposés de manière à guider le regard vers le Christ et à souligner la dimension dramatique et émotive de la scène. Le peintre joue sur la lumière et les contrastes de couleurs pour accentuer la profondeur des sentiments et la gravité de l’instant. Les drapés des vêtements et les expressions des visages traduisent à la fois réalisme et intensité spirituelle.

La restauration

L’œuvre présente aujourd’hui un état de conservation préoccupant. La toile est déformée, avec un manque de tension en partie basse, plusieurs déchirures et lacunes en partie haute, un revers empoussiéré et une possible contamination fongique. Le châssis est encrassé et présente des traces d’insectes xylophages. La couche picturale à l’huile est recouverte d’un vernis jaunâtre irrégulier et fortement encrassée. Des écaillages, des soulèvements et des zones de chancis liés à l’humidité sont visibles, notamment dans la robe bleue de la Vierge. Une restauration est nécessaire pour stabiliser le support et la peinture, nettoyer la surface et traiter le vernis afin de préserver l’intégrité et la lisibilité de l’œuvre.

 

 

  • Artiste : anonyme
  • Type : huile sur bois
  • Dimensions : 238 cm x 190 cm
  • Date : XVIIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Barthélémy, Laplume (47)
  • Protection : inscrite au titre des Monuments historiques (1978/04/27)

Curçay-sur-Dive (86) – Saint Pierre, saint Gervais et saint Protais

Nichée dans la vallée de la Dive, Curçay-sur-Dive est une commune rurale au riche passé historique. Son implantation ancienne s’explique par la présence de la rivière, une ressource naturelle ayant favorisé l’installation humaine dès le Moyen Âge. Le cœur du patrimoine de Curçay-sur-Dive est sans conteste l’église Saint-Pierre, édifice emblématique de la commune. D’origine médiévale, son architecture, sobre et harmonieuse, reflète les traditions rurales du Poitou.

L’œuvre

L’église Saint-Gervais de Curçay-sur-Dive abrite une huile sur toile datée probablement du début du XVIIIᵉ siècle, représentant les trois saints titulaires historiques de la paroisse de Curçay : saint Pierre, saint Gervais et saint Protais. À gauche de la composition figure saint Pierre, reconnaissable à ses clés, attribut majeur rappelant le pouvoir spirituel que le Christ lui confia — celui d’ouvrir les portes du Royaume des Cieux. À ses côtés apparaissent saint Gervais et saint Protais, frères jumeaux et martyrs chrétiens des premiers siècles. Ils sont identifiés par leurs palmes de martyr, symboles de leur foi et de leur sacrifice. Leur représentation conjointe souligne leur indissociable histoire et leur vénération commune. Ces trois saints sont les patrons de l’ancienne église disparue de Saint-Gervais et Saint-Protais, de l’église qui lui a succédé, ainsi que de l’église Saint-Pierre, aujourd’hui en ruines. Le tableau témoigne ainsi de la continuité spirituelle et religieuse du territoire à travers les siècles. À l’origine conservée dans l’ancienne église Saint-Pierre, cette œuvre est aujourd’hui préservée dans la sacristie de l’actuelle église Saint-Gervais–Saint-Protais, ancienne chapelle Sainte-Catherine du château de Curçay, devenue église paroissiale.

La restauration

Ce tableau présente d’importants signes de dégradation nécessitant une restauration. La surface picturale est affectée par un réseau de craquelures, avec des soulèvements de peinture et des pertes de matière. L’œuvre est également marquée par un encrassement généralisé et un jaunissement du vernis, altérant la lisibilité et les tonalités d’origine. L’état de la toile est instable, tandis que le cadre, endommagé, n’assure plus une protection optimale. Des mesures de conservation préventive devront enfin être mises en place pour préserver durablement ce patrimoine.

  • Artiste : anonyme
  • Type : huile sur toile
  • Dimensions : 112 cm x 160 cm
  • Date : XVIIIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Gervais, Curçay-sur-Dive (86)
  • Protection : inscrite au titre des Monuments historiques (2007/06/21)

Lectoure (32) – Apothéose de saint Gervais et saint Protais

Perchée sur un éperon rocheux dominant la vallée du Gers, Lectoure est une ville au riche passé historique, au cœur de la région Occitanie. Ancienne cité gallo-romaine, elle conserve les traces d’une occupation très ancienne, notamment avec les vestiges de thermes antiques qui rappellent l’importance de la ville à l’époque romaine. Au Moyen Âge, Lectoure devient une cité épiscopale majeure et se dote de puissantes fortifications. Les remparts, dont certains tronçons sont encore visibles aujourd’hui, témoignent de son rôle stratégique et défensif. Le patrimoine lectourois est dominé par la cathédrale Saint-Gervais–Saint-Protais, édifice emblématique mêlant architecture gothique et éléments plus anciens.

L’œuvre

Conservé dans la cathédrale Saint-Gervais–Saint-Protais, le tableau L’Apothéose de Gervais et Protais représente la glorification céleste des saints patrons de l’édifice. Réalisée au XVIIᵉ siècle, l’œuvre date de l’épiscopat de Jean III d’Estresse, dont les armoiries figurent en bas à droite de la toile, suggérant une commande destinée à la cathédrale. Au premier plan, saint Gervais et saint Protais, frères jumeaux et martyrs du Ier siècle, sont agenouillés, vêtus de robes blanches, drapés de manteaux rouges et tenant la palme du martyre, symbole de leur fidélité à la foi chrétienne jusqu’à la mort. Derrière eux apparaissent leurs parents, saint Vital et sainte Valérie, également martyrs. Au-dessus, la Vierge à l’Enfant, assise sur un nuage et entourée d’anges musiciens jouant du luth et de la harpe, domine la scène. À l’arrière-plan, une ville sur une colline, identifiable à Lectoure par la silhouette de son clocher, ancre l’œuvre dans son contexte local et spirituel.

La restauration

Le tableau est aujourd’hui dans un état de conservation fragile et nécessite une restauration. La toile est légèrement déformée par endroits, notamment à cause du châssis, dont les marques sont visibles. On remarque aussi quelques petites déchirures, fines craquelures et manques de peinture. L’aspect général de l’œuvre est fortement altéré par un important encrassement qui forme un voile gris et assombrit les couleurs. De nombreuses taches blanchâtres, liées à la présence de chauves-souris, ainsi que des traces d’humidité et des coulures, sont visibles. Enfin, le vernis ancien, jauni et irrégulier, modifie les couleurs et nuit à la bonne lecture du tableau.

  • Artiste : anonyme
  • Type : huile sur toile
  • Dimensions : 330 cm x 290 cm
  • Date : XVIIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : ancienne cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais, Lectoure (32)

Orignac (65) – Cycle de la Nativité

Dans les Hautes-Pyrénées, face au Pic du Midi de Bigorre, Orignac est un petit village perché sur une croupe arrondie, à l’écart des circuits touristiques, à une vingtaine de kilomètres de Lourdes et Tarbes. Son nom viendrait du latin Orinius, signifiant « domaine d’Orinius ». Le patrimoine d’Orignac conserve des traces de son passé médiéval et religieux. Au nord du village, le site du Castériou révèle les vestiges d’une forteresse du XIVᵉ siècle, inachevée pour des raisons géopolitiques locales. Le village garde également la mémoire des chemins de pèlerinage, avec le Cami deths pelegris et la Carrerota deths pelegris, qui rappellent l’ancien itinéraire des pèlerins.

Les œuvres

Quatre grands tableaux ornent la nef de l’église Saint-Martin d’Orignac, illustrant les épisodes majeurs de la Nativité  : l’Annonciation, la Visitation, l’Adoration des bergers et l’Adoration des mages. Probablement réalisés au XVIIIᵉ siècle, ils s’inspirent de chefs-d’œuvre de Louis de Boullogne, Pierre Mignard, Guido Reni, Jacopo Bassano et Jean-Baptiste Jouvenet. L’auteur reste anonyme, mais la qualité de la peinture témoigne d’un grand savoir-faire. L’Annonciation montre Gabriel annonçant à Marie qu’elle enfantera Jésus, le lys symbolisant sa pureté et la colombe l’Esprit Saint. La Visitation représente la rencontre de Marie et Élisabeth, Marie enceinte saluant sa cousine. L’Adoration des bergers illustre la simplicité de la naissance du Christ, les bergers venant adorer l’Enfant dans une étable. L’Adoration des mages contraste par le faste et la diversité des rois offrant or, encens et myrrhe, reconnaissant la divinité et l’humanité de l’Enfant. Ces tableaux racontent avec force et harmonie les moments clés de la Nativité et s’accordent avec la peinture du chœur : une telle cohérence stylistique et théologique est unique en Bigorre.

La restauration

Ces tableaux, fragilisés par le temps, l’humidité et les infiltrations, sont dans un état préoccupant. Les toiles présentent craquelures, moisissures, décollements et déformations, et leurs châssis trop fins devront être remplacés. La polychromie d’origine est masquée par les cadres. Ces quatre tableaux, témoignages précieux de grands maîtres et de la richesse iconographique de la Nativité, nécessitent aujourd’hui une restauration urgente pour préserver leur beauté et leur valeur artistique face aux dommages du temps et de l’humidité.

  • Artiste : anonyme
  • Type : quatre huiles sur toile
  • Dimensions : 285 cm x 200 cm
  • Date : XVIIIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Martin, Orignac (65)

Andillac (81) – Le Centaure

Située au cœur du Gaillacois, dans le département du Tarn, la commune d’Andillac est particulièrement connue pour son patrimoine littéraire et artistique. Le château-musée de Cayla, demeure de la famille de Maurice et Eugénie de Guérin, figures majeures du romantisme français, constitue également l’un des sites culturels les plus emblématiques du Tarn. Ce lieu de mémoire, devenu musée, conserve l’atmosphère du XIXᵉ siècle et témoigne de l’influence du paysage andillacois sur l’œuvre des deux écrivains.

L’œuvre

Dans les jardins du château-musée de Cayla se trouve une impressionnante sculpture monumentale en granit représentant un centaure, œuvre du sculpteur français André Abbal (1876–1953). Un centaure est une créature mythologique de la Grèce antique, mi-homme, mi-cheval, combinant le torse et la tête humains avec le corps et les jambes d’un cheval. Symbole de force, de liberté et parfois de dualité entre l’instinct et la raison, le centaure a longtemps inspiré artistes et poètes. La sculpture d’Abbal, intitulée Le Centaure, a été réalisée en taille directe sur pierre calcaire en 1943, s’inspirant du poème éponyme de Maurice de Guérin (1840). Initialement installée à Albi en 1952, elle a été transférée dans le parc du château-musée du Cayla en 2019, où elle dialogue avec le paysage et l’histoire du lieu. André Abbal, natif de Montech (Tarn-et-Garonne), est reconnu pour ses œuvres monumentales en pierre, souvent inspirées par la littérature et le terroir occitan.

La restauration

La statue présente des signes d’altération liés à son exposition en extérieur et nécessite une intervention de restauration. On observe notamment des remontées de sels, ainsi que la présence de lichens et de moisissures, dont la nature devra être identifiée avant tout nettoyage. Une opération de nettoyage et de protection est indispensable pour préserver la pierre, stabiliser la surface et garantir la conservation de cette œuvre qui illustre à la fois l’héritage classique du mythe et la modernité de l’art monumental du XXᵉ siècle, faisant de ce centaure un point fort du parcours muséal et des jardins.

  • Artiste : André Abbal (1876–1953)
  • Type : statue en pierre
  • Dimensions : 350 cm x 133 cm x 110 cm
  • Date : 1943
  • Lieu de conservation : château-musée de Cayla, Andillac (81)

Blaison-Saint-Sulpice (49) – Stalles de Blaison-Gohier

Il y a 1 000 ans, le pieux et guerrier comte d’Anjou Foulques Nerra fit édifier, en bord de Loire, une église collégiale où quelques chanoines priaient pour le salut de son âme. Autour de cette petite église, bâtie selon le tout nouvel art roman et baptisée Saint-Aubin, naquit rapidement le village animé de Blaison. Au fil des siècles, Blaison et sa collégiale ont été au cœur des grands événements historiques : guerre de Cent Ans, guerres de religion, Révolution française, Seconde Guerre mondiale. Souvent détruits, toujours rebâtis avec ferveur, ils ont conservé leur âme et leur charme.

L’œuvre

Au XVᵉ siècle, le seigneur du lieu dota la collégiale Saint-Aubin d’un ensemble unique de 40 stalles en chêne, encore en place aujourd’hui. Leur particularité réside dans les sculptures originales : au-delà des motifs végétaux classiques, elles présentent des visages caricaturés de pécheurs et des animaux chimériques du bestiaire médiéval. Parmi les pièces remarquables, on trouve l’amphisbène, un dragon à deux têtes, une créature composite mêlant têtes d’animaux et corps fantastique, ainsi qu’un théologien aux oreilles d’âne, symbole de la vanité du savoir humain. Ces stalles constituent un exemple rare et fascinant de l’art religieux médiéval, mêlant fonction liturgique et inventivité sculpturale.

La restauration

Les stalles de la collégiale Saint-Aubin présentent aujourd’hui un état de conservation préoccupant. L’ensemble est fortement exposé à l’humidité, qui fragilise le bois, et à l’attaque d’insectes xylophages, mettant en péril la stabilité des structures et la finesse des sculptures. La sauvegarde de cette œuvre d’exception nécessite un démontage et un transfert complets et rapides vers un atelier spécialisé, afin de procéder à un traitement curatif et préventif, à la consolidation des éléments fragilisés et à la restauration des décors sculptés. Une fois ces interventions réalisées, les stalles pourront être réinstallées dans la collégiale, dans des conditions assurant leur conservation durable.

  • Artiste : anonyme
  • Type : stalles en bois
  • Dimensions : ?
  • Date : XVᵉ siècle
  • Lieu de conservation : collégiale Saint-Aubin de Blaison-Gohier, Blaison-Saint-Sulpice (49)
  • Protection : classées au titre des Monuments historiques (1902)

Louvigné (53) – Retable de saint Martin

Louvigné est une commune au passé ancien, façonnée par l’histoire rurale et religieuse qui marque de nombreux territoires de l’ouest de la France. Occupé dès le Moyen Âge, le village s’est développé autour de son église et de ses terres agricoles, structurant la vie locale pendant des siècles au rythme des activités paysannes et seigneuriales. Son patrimoine témoigne de cette histoire : l’église paroissiale, les maisons anciennes, les fermes traditionnelles et les éléments du petit patrimoine rappellent l’ancrage historique de la commune.

L’œuvre

L’ensemble de l’autel de saint Martin, inscrit au titre des objets Monuments historiques en 2002, est un bel exemple d’art religieux du début du XVIIIᵉ siècle. Le retable, construit en 1703, est réalisé en calcaire, marbre veiné noir et chêne. Deux colonnes galbées à chapiteaux corinthiens encadrent un tableau central de forme octogonale, le tout surmonté d’un fronton cintré brisé richement décoré de motifs végétaux, de cornes d’abondance et de têtes d’angelots. Le tableau d’autel représente la Charité de saint Martin, scène emblématique où le saint partage son manteau avec un pauvre. L’ensemble est complété par un tabernacle du XIXᵉ siècle et une statue de saint Martin, probablement du XVIIIᵉ siècle, figuré avec ses attributs épiscopaux. Cet autel constitue un élément majeur du patrimoine sacré de la commune.

La restauration

Le retable et le tableau présentent un état de conservation préoccupant qui nécessite une restauration complète. Le châssis semble fragilisé, tandis que la toile, bien que résistante, est détendue et déformée en partie basse par des accumulations de poussières au revers. La couche picturale est largement soulevée, avec de nombreuses pertes de matière liées à des problèmes d’humidité et de variations climatiques. D’importants repeints anciens, aujourd’hui assombris, altèrent la lisibilité de l’œuvre. Le vernis, très jauni et encrassé, présente des blanchiments. Enfin, le système d’accrochage est instable et inadapté, entraînant des fissures et des fragilités au niveau du retable. Une restauration globale est indispensable pour assurer la stabilité, la lisibilité et la conservation durable de l’ensemble.

  • Artiste : anonyme
  • Type : retable et huile sur toile
  • Dimensions : ?
  • Date : 1703
  • Lieu de conservation : église Saint-Martin, Louvigné (53)
  • Protection : inscrits au titre des Monuments historiques (2002/09/09)

Dollon (72) – L’Abjuration d’Henri IV

Dollon est une commune située dans le département de la Sarthe, en région Pays de la Loire, dont l’histoire s’inscrit dans la longue tradition rurale du Perche sarthois. Occupé dès l’Antiquité, son territoire a conservé des traces d’implantations anciennes, notamment gallo-romaines, qui témoignent d’une présence humaine précoce et continue. Au Moyen Âge, Dollon se développe autour de son église paroissiale, cœur de la vie sociale, et au fil des siècles, le village se structure autour de l’agriculture et des échanges locaux.

L’œuvre

Dans ce contexte patrimonial, l’église Saint-Médard de Dollon conserve une œuvre remarquable qui témoigne de l’histoire religieuse et politique nationale. Le tableau, offert à l’église avant 1852 par Alinant de Dollon, châtelain de la commune, représente un épisode majeur de la vie d’Henri IV. Les sources anciennes hésitent entre deux titres : Sacre de Henri IV ou Abjuration d’Henri IV à Saint-Denis. L’architecture de l’édifice figuré dans la scène permet toutefois d’identifier plus sûrement l’abjuration du roi à la basilique de Saint-Denis, c’est-à-dire le moment où Henri IV renonce officiellement au protestantisme pour se convertir au catholicisme en 1593, étape décisive pour accéder au trône de France et apaiser les guerres de Religion. Cette œuvre s’inscrit dans la grande peinture d’histoire académique du XIXᵉ siècle, caractérisée par une composition soignée, une mise en scène solennelle et une forte dimension narrative. Le choix du sujet, rare voire unique en Sarthe, pourrait être lié au passé protestant de la famille de la Goupillère, dont était issu le donateur, donnant à ce tableau une portée symbolique particulière au sein du patrimoine de Dollon.

La restauration

Le tableau est dans un état urgent de restauration. La toile est fragilisée par l’humidité, partiellement déchirée et présente des tensions, des lacunes et des retouches altérées. La couche picturale est encrassée, chanciée et obscurcie par vernis oxydé, cire et fientes d’oiseaux. Le châssis est dégradé et le cadre en bois et stuc doré est très altéré, avec lacunes et déformations. La restauration permettra de stabiliser la toile, nettoyer et harmoniser la peinture, et restaurer le cadre pour assurer la préservation de l’œuvre.

  • Artiste : anonyme
  • Type : huile sur toile
  • Dimensions : 280 cm x 176 cm hors cadre
  • Date : XIXᵉ siècle
  • Lieu de conservation : église Saint-Médard, Dollon (72)

Entraunes (06) – Sainte Famille

Entraunes est une commune située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Nichée au cœur du parc national du Mercantour, elle se caractérise par un cadre naturel montagneux spectaculaire, mais aussi par un riche patrimoine historique. L’histoire d’Entraunes remonte à l’Antiquité. Le village conserve encore des éléments architecturaux médiévaux, comme des églises, des maisons en pierre, des ruelles étroites et des vestiges de fortifications qui témoignent de son rôle stratégique dans la vallée.

L’œuvre

Parmi les nombreux témoins du patrimoine artistique d’Entraunes, l’église Notre-Dame de la Nativité conserve un exemple remarquable de peinture religieuse du XVIIᵉ siècle : le tableau représentant la Sainte Famille avec saint Dominique et Tobie l’ange, attribué à Jean André, peintre actif dans la deuxième moitié du XVIIᵉ siècle en Haute et Basse-Provence. La composition montre la Sainte Famille au centre, avec la Vierge Marie tenant l’enfant Jésus sur ses genoux et Joseph veillant sur eux. Saint Dominique, reconnaissable à sa robe blanche et son manteau noir, se tient à proximité. Tobie, un jeune homme pieux et aveugle guidé par l’ange Raphaël, complète la scène, illustrant la protection et la guidance divine. 

La restauration

Cependant, le tableau présente plusieurs problèmes importants. Le châssis est fragile et trop fin pour la taille de l’œuvre. La toile est déformée, partiellement repliée et encrassée, avec des traces d’anciens dégâts des eaux qui ont abîmé l’adhésion de la peinture. Le vernis est usé et la surface du tableau est salie, ce qui masque les couleurs et les détails. Le cadre est lui aussi endommagé, fragilisé, infesté par des insectes et sali par des fientes d’oiseaux. La restauration devra stabiliser la peinture, nettoyer la toile et le cadre, et, si possible, retrouver le format d’origine pour rendre à l’œuvre toute sa composition. Un nouveau cadre sera nécessaire pour protéger durablement le tableau.

  • Artiste : Jean André (1615–1699)
  • Type : huile sur toile
  • Dimensions : 198 cm x 129 cm hors cadre
  • Date : 1681
  • Lieu de conservation : église Notre-Dame de la Nativité, Entraunes (06)

Saint-Rémy-de-Provence (13) – Cabestan de Saint-Paul

Située au cœur du massif des Alpilles, Saint-Rémy-de-Provence est l’une des villes les plus emblématiques de la région, riche d’une histoire ancienne et d’un patrimoine exceptionnel intimement façonné par la pierre. Son paysage et son architecture sont indissociables des carrières de pierre des Alpilles, telles que les carrières de Saint-Paul, qui sont exploitées depuis l’Antiquité : cette pierre calcaire claire, à la fois résistante et facile à tailler, a servi à l’édification des monuments antiques de Glanum, puis des maisons, remparts, églises et mas provençaux.

L’œuvre 

Le calcaire extrait des carrières de Saint-Paul se distingue par sa grande densité et sa résistance exceptionnelle, les plus élevées parmi les pierres des Alpilles, expliquant à la fois l’excellent état de conservation des monuments antiques de Glanum et l’intérêt constant des bâtisseurs au fil des siècles. L’exploitation du calcaire autour de Saint-Rémy-de-Provence remonte à l’Âge du Fer, se poursuit à l’époque hellénistique et romaine — les Romains utilisant déjà des techniques de levage proches de celles du cabestan — puis s’approfondit aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles avec l’ouverture de carrières souterraines, où puits et galeries permettent la remontée des blocs grâce au cabestan. La carrière de Saint-Paul-de-Mausole, exploitée jusqu’aux années 1930, a laissé comme témoin majeur ce dispositif encore visible aujourd’hui. Les blocs, pouvant dépasser deux tonnes, étaient d’abord extraits à l’aide de chevaux, avant que l’approfondissement des galeries n’impose la création de puits verticaux de plus de 30m, faisant du cabestan un outil central. Cet ouvrage constitue désormais un élément patrimonial majeur, mémoire du labeur souvent méconnu des hommes ayant contribué à la construction et à l’embellissement de Saint-Rémy-de-Provence.

La restauration

Aujourd’hui, l’effet du temps a profondément altéré le cabestan de Saint-Paul : les éléments en bois et en ferronnerie sont fortement dégradés, compromettant la stabilité de l’ouvrage. Pour des raisons de sécurité, le site a donc été fermé temporairement au public. Les interventions prévues comprennent le nettoyage de la pierre, la réparation et la consolidation des éléments en bois et en métal, afin de garantir la sécurité et de redonner toute sa lisibilité à cet ouvrage historique.

  • Fabricant : anonyme
  • Type : cabestan
  • Date : XIXᵉ–XXᵉ siècle
  • Lieu de conservation : anciennes carrières de Saint-Paul-de-Mausole, Saint-Rémy-de-Provence (13)
  • Protection : inscrit au titre des Monuments historiques (1989/04/26)

Avignon (84) – Coffre reliquaire

Située sur les rives du Rhône, Avignon est une ville au patrimoine historique exceptionnel, marquée par son rôle majeur dans l’histoire religieuse et politique de l’Europe. Au XIVᵉ siècle, elle devient la résidence des papes, faisant d’Avignon une capitale spirituelle de premier plan et laissant une empreinte durable sur son urbanisme et son rayonnement culturel. Son patrimoine est dominé par le Palais des papes, l’un des plus grands ensembles gothiques d’Europe, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ainsi que par les remparts médiévaux et le célèbre pont Saint-Bénézet. La ville conserve également de nombreuses églises, chapelles, hôtels particuliers et places historiques, témoignant de sa prospérité passée.

L’œuvre

Dans le riche patrimoine religieux d’Avignon, le coffre reliquaire de Melchior Fallot, réalisé en 1597, constitue un témoignage exceptionnel de piété. Apothicaire avignonnais, Fallot rapporta de son pèlerinage à Jérusalem des fragments de pierre et d’objets liés à la vie du Christ, qu’il installa soigneusement dans un coffret de noyer acheté à des moines franciscains. Le coffret à deux volets, compartimenté pour accueillir les reliques, abrite au centre une croix en bois d’olivier sur une cupule d’albâtre, protégée par une vitre teintée façon vitrail. L’intérieur des volets est décoré d’estampes illustrant la Crucifixion, la Déposition, la Vierge à l’Enfant et plusieurs saints, tandis que l’extérieur reste en bois naturel avec ferrures et charnières d’origine. Cet objet, ayant traversé plus de quatre siècles et échappé aux pillages révolutionnaires grâce à des religieuses, reste un témoignage rare du patrimoine avignonnais.

La restauration

Le reliquaire est très ancien et montre des signes d’usure, il a donc besoin d’être restauré pour être préservé. Le bois doit être nettoyé, renforcé et réparé là où il est fragile ou abîmé. Les papiers et estampes à l’intérieur demandent un nettoyage délicat et une protection contre les déchirures ou les pertes de matière. Les reliques et leurs étiquettes doivent être inventoriées, nettoyées et replacées correctement dans leurs compartiments. Les vitres doivent être nettoyées et réparées pour protéger le contenu de la poussière et de l’humidité. Les ferrures et charnières doivent aussi être entretenues pour fonctionner correctement.

  • Artiste : Melchior Fallot
  • Type : coffret en bois
  • Dimensions : 47,5 cm x 42,4 cm x 12,5 cm
  • Date : 1597–1600
  • Lieu de conservation : cathédrale Notre-Dame-des-Doms, Avignon (84)
  • Protection : inscrit au titre des Monuments historiques

Saint-Pierre (Saint-Pierre-et-Miquelon) – Vierge des marins

Chaque 22 juin depuis 144 ans, la communauté de Saint-Pierre-et-Miquelon se rassemble autour d’un événement emblématique de son identité : la Fête des Marins. Inscrite dans le patrimoine culturel immatériel de l’archipel, cette cérémonie, initiée par la Société des Marins, rend un hommage solennel et émouvant aux marins d’hier et d’aujourd’hui. Pour l’occasion, la cathédrale de Saint-Pierre est décorée et pavoisée. Entre traditions religieuses et hommages populaires, les maquettes de navires de l’archipel défilent en direction des quais, accompagnées par les chants de la chorale paroissiale. Autrefois, une imposante huile sur toile faisait également partie de ce cortège.

L’œuvre

Cette toile est un ex-voto, une image pieuse réalisée en signe de gratitude envers une figure céleste, suite à une protection demandée et exaucée. Elle témoigne ici de la gratitude des marins envers la Vierge Marie, invoquée pour sa protection en mer. Monumentale, la Vierge trône au centre de la composition, debout sur un rocher sur lequel repose une ancre — symbole marin par excellence. Les mains jointes en prière, elle est parée de ses attributs célestes : couronne, étoile et manteau d’azur. Sa sérénité contraste fortement avec la scène tourmentée qui se joue à ses pieds : des navires français résistent à une mer en furie sous un ciel menaçant. Sous sa protection maternelle, cependant, rien ne semble pouvoir atteindre les marins. Cette œuvre incarne le lien profond entre la foi, la mer et l’identité locale.

La restauration

Après avoir longtemps occupé une place centrale dans le cortège de la Fête des Marins, cette œuvre a été écartée des processions en raison d’une intervention ancienne ayant considérablement alourdi sa structure, rendant son transport difficile.

Aujourd’hui, l’état de la toile témoigne de son usage intensif et de son exposition aux éléments. La surface picturale est encrassée et empoussiérée. La couche de peinture, épaissie par plusieurs repeints successifs, révèle des craquelures marquées et des lacunes. La restauration envisagée permettra à la toile de retrouver sa lisibilité, son éclat, et surtout sa fonction d’origine : être portée à nouveau lors des processions maritimes.

  • Artiste : anonyme
  • Type : huile sur toile
  • Dimensions : 2,05 cm x 2,05 cm
  • Date : XIXᵉ ou début XXᵉ siècle
  • Lieu de conservation : cathédrale Saint-Pierre, Saint-Pierre (975)

Trois-Îlets (Martinique) – Khokho René-Corail

Située sur la côte sud-ouest de la Martinique, face à la baie de Fort-de-France, la commune des Trois-Îlets est notamment connue pour sa dimension artistique forte, incarnée par Khokho René-Corail (1932–1998), artiste martiniquais majeur, profondément lié aux Trois-Îlets, où il a vécu et travaillé. Son travail est étroitement lié à l’histoire de la Martinique et à la mémoire de l’esclavage, qu’il évoque à travers des corps marqués, des visages tourmentés et des postures symboliques. L’œuvre de Khokho René-Corail, à la fois brute et profondément humaniste, interroge les héritages sociaux, culturels et identitaires du monde antillais.

L’œuvre

Cette œuvre de 1977, réalisée par Khokho René-Corail, est conçue sur aggloméré selon la technique du brûlage, ou « peinture au feu », méthode emblématique de l’artiste. Ce procédé audacieux consistait à enflammer un mélange de pigments et de solvants sur le support, produisant des textures uniques et des couleurs profondes, rappelant les terres et les paysages de la Martinique. Dans cette pièce, Khokho explore le thème récurrent du rassemblement de foule, illustrant des moments de joie collective. Les personnages, semblant émerger du feu, dansent autour du soleil, symbolisant la vitalité et l’énergie de la communauté. L’art de Khokho René-Corail se distingue par une recherche constante de renouvellement et de liberté, refusant les conventions pour inventer un langage artistique original. Chaque œuvre repousse les limites des matériaux et de la composition, offrant une véritable révolution du vocabulaire et de la pensée artistique, profondément enracinée dans l’histoire et la culture martiniquaises.

La restauration

L’œuvre nécessite une restauration centrée sur deux aspects essentiels : le support et la couche picturale. Le support en aggloméré doit être renforcé pour garantir la stabilité de l’ensemble. Concernant la couche picturale, la restauration vise à ré-exhausser les couleurs pour restituer l’effet unique du brûlage, signature de l’artiste, et à redéfinir les personnages afin de retrouver la lisibilité et la force expressive initiales de l’œuvre. Cette intervention permettra de préserver la puissance visuelle de l’œuvre, restituant pleinement le langage artistique original de Khokho René-Corail.

  • Artiste : Khokho René-Corail (1932–1998)
  • Type : brûlage sur aggloméré
  • Dimensions : 170 cm x 410 cm
  • Date : 1977
  • Lieu de conservation : centre culturel Khokho, Trois-Îlets, Martinique (972)

Saint-Martin (Saint-Martin) – Market Woman

Au marché de Marigot, dans la partie française de l’île de Saint-Martin, les véritables gardiens du patrimoine saint-martinois sont les marchands eux-mêmes. Beaucoup sont installés ici depuis plusieurs générations, perpétuant des savoir-faire transmis au sein des familles : recettes d’épices maison, techniques de séchage du poisson, artisanat en bois ou en fibres naturelles. Leur présence donne au marché son âme et son authenticité. Grâce à eux, le marché de Marigot reste un lieu vivant où l’histoire et les traditions de Saint-Martin continuent de se transmettre au quotidien.

L’œuvre

Au cœur du marché trône une imposante statue en ciment, nommée The Market Woman. Cette œuvre, créée à l’origine par Martin Lynn en 2005 et présentée ici sous forme de reproduction, représente une femme du marché en tenue traditionnelle, assise avec un récipient rempli de fruits et légumes locaux. Elle rend hommage aux femmes du marché et à leur emblématique coiffe, symboles forts du patrimoine culturel de l’île. Sur le socle, deux plaques rappellent la mémoire de Martin Lynn et la dédicace faite aux femmes du marché de Saint-Martin. À côté de la sculpture, un poème de l’artiste Ruby Bute, « The Market », écrit en 2001, évoque l’âme vibrante des marchés traditionnels de l’île. La réalisation matérielle de l’œuvre est due à Théodore Bonev, artiste plasticien né en 1959 à Sofia. Arrivé à Saint-Martin en 1990, il tombe amoureux de l’île et y réside pendant vingt-cinq ans. Il laisse dans la partie française de nombreuses créations qui témoignent de son attachement à la culture locale.

La restauration

L’œuvre nécessite une restauration complète afin de retrouver son apparence d’origine. La statue doit être entièrement nettoyée, poncée puis repeinte dans ses couleurs initiales. Son socle, envahi de moisissures et de peinture craquelée, doit être nettoyé au karcher et repeint. Les plaques en marbre sont très dégradées : celle portant le poème de Ruby Bute est devenue illisible. La plaque commémorative est également cassée et le texte n’est plus lisible. Cette restauration de la statue et de ses différents éléments est essentielle pour préserver la valeur patrimoniale de l’œuvre et garantir la transmission fidèle de la mémoire culturelle qu’elle incarne.

  • Artiste : Théodore Bonev (1959) d’après Martin Lynn
  • type : statue en ciment
  • Dimensions : 200 cm x 120 cm
  • Date : 2006
  • Lieu de conservation : marché de Marigot, Saint-Martin (971)

Longoni (Mayotte) – Machinerie d’usine sucrière

Après l’installation officielle de la France à Mayotte en 1841, cette île de l’océan Indien connaît une période de profondes transformations économiques. Attirés par la fertilité des vallées, les premiers planteurs développent rapidement la culture de la canne à sucre, donnant naissance à une industrie sucrière naissante. Cette activité marque durablement l’histoire de Mayotte, avant de décliner face aux bouleversements sociaux, économiques et environnementaux de la fin du XIXᵉ siècle. Seule l’usine de Dzoumogné poursuivit son activité jusqu’en 1950, témoignant de la fin d’une époque industrielle marquante pour Mayotte.

L’œuvre

La machinerie de l’ancienne usine sucrière de Longoni témoigne de l’activité industrielle développée à Mayotte à la fin du XIXᵉ siècle. D’abord dépourvu d’installations propres, les récoltes étaient alors acheminées vers le domaine voisin de Dzoumogné. Par la suite, le domaine se dote progressivement d’équipements permettant la production de sucre et de rhum, avant d’être partiellement démantelé après sa vente en 1901 et de tomber en ruine au début du XXᵉ siècle. Les vestiges conservés et exposés au Pôle d’Excellence Rurale (PER) — moulin à cylindres, centrifugeuse-cuve, manivelle, moulin traditionnel et système d’engrenages — illustrent les techniques de la production sucrière et constituent un témoignage précieux du patrimoine industriel mahorais.

La restauration

Les éléments de machinerie de l’ancienne usine sucrière de Longoni, en fonte de fer, proviennent d’une fouille archéologique. Certaines pièces étaient à l’air libre, tandis que d’autres, enterrées, présentaient un risque important de corrosion active. Le PER prévoit leur restauration et leur valorisation, non pas en les remontant intégralement, mais en les disposant de manière à restituer la logique de la chaîne opératoire originale. Ces machines seront exposées dans un espace ouvert au public, dédié au patrimoine agricole de Mayotte, avec un focus sur la culture sucrière, accompagné d’actions de sensibilisation auprès du public et des scolaires, ainsi que de partenariats avec les offices de tourisme, permettant de faire connaître cette page essentielle de l’histoire industrielle et agricole de l’île.

  • Atelier : inconnu
  • Type : machinerie d’usine sucrière
  • Date : XIXᵉ siècle
  • Lieu de conservation : Pôle d’excellence rurale, Longoni, Mayotte (976)

Saint-Denis (La Réunion) – Illustrations de l’histoire naturelle de Buffon

Le Muséum d’histoire naturelle de Saint-Denis, situé au cœur de la capitale de La Réunion, est l’un des principaux lieux dédiés à la connaissance, à la conservation et à la valorisation du patrimoine naturel de l’île. Héritier des cabinets scientifiques constitués dès le XIXᵉ siècle, il joue un rôle essentiel dans l’étude de la biodiversité exceptionnelle de l’océan Indien. Ses collections, riches et variées, rassemblent des spécimens de zoologie, de botanique, de géologie et de paléontologie. Le muséum conserve également des documents anciens, planches illustrées et ouvrages scientifiques, témoignant de la diffusion du savoir naturaliste à travers les siècles.

Les œuvres

Parmi les collections remarquables conservées par le Muséum d’histoire naturelle de Saint-Denis, figure un ensemble exceptionnel de planches illustrées issues de l’Histoire naturelle du comte de Buffon, œuvre majeure des sciences naturelles publiée entre 1749 et 1789. L’ensemble se compose de 425 planches gravées rehaussées à l’aquarelle, réparties en 6 lots. Ces planches illustrent principalement l’Histoire naturelle des oiseaux. Les illustrations ont été dessinées et gravées par François-Nicolas Martinet, puis imprimées en taille-douce à l’encre noire, avant d’être mises en couleur à l’aquarelle. Une note manuscrite indique que ces estampes auraient été données par Buffon en 1779 à Jean-Baptiste François de Lanux, proche correspondant du savant. Cet ensemble constitue un témoignage remarquable de la rencontre entre science et art au XVIIIᵉ siècle.

La restauration

L’ensemble des estampes présente un état de conservation fragile qui nécessite une restauration. Un empoussièrement et un encrassement généralisés sont visibles, provoquant une coloration grise du papier, surtout sur les bords. Des traces de micro-organismes, liées à des apports d’humidité, ont été repérées sur plusieurs planches, entraînant des auréoles, des pertes d’encollage et des lacunes. Des analyses sont en cours afin d’identifier ces micro-organismes et de définir un traitement adapté. Par ailleurs, des résidus de DDT, ancien insecticide, ont été observés sur certaines estampes, et plusieurs planches présentent des décolorations dues à des dégâts des eaux. Une intervention est nécessaire pour nettoyer, stabiliser et préserver durablement cet ensemble patrimonial.

  • Artiste : François-Nicolas Martinet (1731–1800)
  • Type : estampes et aquarelle
  • Date : 1770–1783
  • Lieu de conservation : Muséum d’histoire naturelle de Saint-Denis, La Réunion (974)

Punaauia (Polynésie française) – Pétroglyphe polynésien

Située sur la côte ouest de l’île de Tahiti, en Polynésie française, la commune de Punaauia occupe une place centrale dans l’histoire et la mémoire de l’archipel. Anciennement nommée Manotahi ou Hiti, elle fut l’un des berceaux des grandes familles Ari’i (chefs royaux) de Tahiti, et ses terres sont imprégnées de traditions, de récits et de vestiges qui racontent la richesse d’un passé millénaire. Un des éléments patrimoniaux les plus emblématiques est le Musée de Tahiti et des Îles – Te Fare Iamanaha, qui conserve et met en valeur des collections ethnographiques, historiques et archéologiques qui illustrent la diversité des civilisations polynésiennes.

L’œuvre

Dès les temps anciens, Punaauia formait avec les territoires voisins un district dirigé par un Ari’i, suivant l’organisation sociale polynésienne traditionnelle. Parmi ses trésors patrimoniaux figure le pétroglyphe dit « des jumeaux de Tīpaeru’i » (Nâ maeha’a nô Tîpaeru’i), aujourd’hui conservé dans les jardins du Musée de Tahiti et des Îles. Les motifs de l’art rupestre polynésien étaient réalisés par piquetage, parfois par rainurage, et représentent principalement des tortues, mais aussi des figures humaines stylisées, des requins, des pirogues, ou des formes géométriques. Ces gravures étaient souvent intégrées à des roches naturelles ou dalles de corail formant des ahu, des structures à vocation religieuse dont le sens exact nous échappe encore aujourd’hui. La pierre Nā Maeaha’a nō Tīpaeru’i, sur laquelle figure le pétroglyphe des jumeaux, est liée à la légende de Tetauri et de son épouse enceinte. Lorsque la guerre éclata entre Punaauia et Fa’a’a, Tetauri dut rejoindre le champ de bataille malgré l’état avancé de grossesse de son épouse. Celle-ci mourut en accouchant de jumeaux, et Tetauri, pris de douleur, les enterra avec une large pierre gravée de l’image des enfants et d’une anguille, gardienne de la sépulture. Cette pierre raconte à la fois un épisode tragique et la profonde dimension symbolique et spirituelle de l’art rupestre polynésien.

La restauration

Le pétroglyphe nécessite une protection contre les intempéries, car l’eau de pluie favorise son érosion et le développement de mousses. Un projet prévoit la construction d’une structure en bois, sur laquelle une couverture végétale sera ajoutée ultérieurement pour préserver la pierre.

  • Artiste : anonyme
  • Type : pétroglyphe
  • Date : avant la fin du XVIIIe siècle, découvert en 1925
  • Lieu de conservation : Te Fare Ia'Manaha (musée de Tahiti et des îles), Punaauia (987)

Koutio (Nouvelle-Calédonie) – Quatre sculptures

Koutio est une commune située en Nouvelle-Calédonie, qui possède un riche héritage historique et culturel. Anciennement un site stratégique pour les populations locales, elle témoigne de l’histoire kanak à travers ses sites traditionnels et ses paysages préservés. La commune conserve également des vestiges de l’époque coloniale, avec des bâtiments et infrastructures qui illustrent l’évolution de la région au fil des siècles. Elle accueille aujourd’hui le Médipôle de Koutio, un centre médical et hospitalier moderne qui joue un rôle essentiel pour la santé de la population de la région, tout en s’insérant dans le cadre historique et urbain de la commune.

Les œuvre

Au cœur du Médipôle de Koutio, plus de 200 œuvres sélectionnées par un comité culturel sont exposées dans les jardins, les couloirs, les salles d’attente et d’autres espaces communs du site. Parmi celles-ci, quatre attirent particulièrement l’attention : Rêver et L’Équilibre, toutes deux de Kapoa Tiaou ; L’Esprit des fougères d’Olivier Séranne ; et La Pirogue des échanges de Jean-Marie Ganeval. Kapoa Tiaou est un sculpteur calédonien reconnu pour ses œuvres contemporaines qui mêlent abstraction et symbolisme, explorant souvent les thèmes de la nature et de l’imaginaire. Olivier Séranne, artiste plasticien et sculpteur, travaille le métal et la pierre pour créer des œuvres inspirées par les formes naturelles et la vie végétale. Jean-Marie Ganeval est sculpteur et artiste contemporain, spécialisé dans les installations monumentales et les sculptures en bois, souvent liées aux traditions et à la culture calédoniennes. Ces œuvres sont accessibles gratuitement au grand public et témoignent de la diversité artistique de la Nouvelle-Calédonie.

La restauration

Ces sculptures présentent cependant des dégradations dues à l’exposition prolongée et aux conditions climatiques. Les interventions de restauration prévues incluent la consolidation des structures, la réparation des parties endommagées, le nettoyage des surfaces, l’application de traitements de protection adaptés au climat tropical, ainsi qu’une réinstallation sécurisée si nécessaire. Ces travaux de restauration permettraont de préserver ce patrimoine tout en renforçant l’impact social et culturel du site, contribuant au bien-être des visiteurs et au soutien de la création artistique locale contemporaine.

  • Artistes : Kapoa Tiaou (1959–2020), Olivier Séranne, Jean-Marie Ganeval
  • Type : sculptures
  • Date : XXIᵉ siècle
  • Lieu de conservation : jardins du Médipôle de Koutio, Dumbéa, Nouvelle-Calédonie (988)

Votre sélection est terminée ? N’hésitez pas à voter pour toutes les régions !

* champs requis

Étape suivante